Ce samedi soir, l’Espagne s’est imposée en Angleterre (3-2) dans un match plaisant et qui aurait certainement mérité d’être la finale de la dernière Coupe du Monde. Pourtant, le revers essuyé par les Anglais a laissé un goût très amer outre-Manche, où la presse et les observateurs n’ont pas du tout toléré les erreurs défensives des Three Lions. En effet, les erreurs grossières de Marc Guéhi et Nico O’Reilly sur le premier but espagnol ont offert un cadeau que la Roja s’est empressée d’exploiter. Sur les deux autres buts, l’arrière-garde anglaise s’est illustrée avec un laxisme regrettable à ce niveau-là et les deux hommes manquaient encore de tranchant pour éviter la défaite.

Les erreurs de l’Angleterre se sont payées cash
Cette défense en carton a particulièrement agacé la presse britannique. Dans les colonnes du Daily Mail, le rédacteur en chef Ian Ladyman a pointé du doigt la responsabilité du sélectionneur : «Thomas Tuchel devrait ressentir la pression après cette prestation défensive calamiteuse : l’Allemand doit convaincre les supporters anglais qu’ils progressent, mais un problème familier subsiste.» Le technicien allemand a lui-même peiné à masquer sa frustration face aux médias après la rencontre : «cela ne devrait pas arriver, et certainement pas à ce rythme [d’erreurs]. Mais cela ne sert à rien maintenant de pointer les erreurs du doigt ou de leur dire de ne pas en commettre. Nous pouvons faire mieux, nous pouvons mieux défendre sur le troisième but. Mais nous allons nous concentrer sur les points positifs. Je ne comprends pas vraiment pourquoi nous commettons autant d’erreurs. Bien sûr, nous avons affronté les meilleurs.»
La déception est d’autant plus vive que les Anglais ont manqué le tournant du match sur une action gag du capitaine Harry Kane. Après un penalty provoqué par Jude Bellingham, l’attaquant du Bayern Munich a totalement raté son tir au but. Le buteur est revenu sur cet épisode malheureux qui aurait pu changer le cours de la partie après le match : «c’était malheureux de glisser à ce moment-là, ça arrive parfois. J’ai essayé de mettre de la puissance et mon pied gauche a simplement lâché, et évidemment j’ai fini par toucher le ballon deux fois. C’est la vie d’un footballeur, la vie d’un attaquant. Ça n’a pas tourné en ma faveur en seconde période.» Un raté cruel que Thomas Tuchel n’a pas digéré non plus : «il faut concrétiser ses occasions et ses demi-occasions. Il faut un peu de chance, et aujourd’hui, elle n’était pas de notre côté. Jusqu’à la 65e minute, nous avions l’occasion de mener de deux buts grâce au penalty. Cela arrive trop souvent aujourd’hui et nous en payons le prix au plus haut niveau. Nos adversaires ont fait preuve d’une exécution et d’un sang-froid exceptionnels dans les 20 derniers mètres.»
Roy Keane contredit Anthony Gordon
Malgré cette défaite, le vestiaire anglais a tenté de faire front et de diffuser un discours globalement optimiste. Anthony Gordon a ainsi refusé d’admettre une quelconque supériorité espagnole au micro d’ITV Sport : «je ne pense pas qu’il y ait un fossé avec l’Espagne, j’ai l’impression que nous sommes juste là à côté. Nous pouvons gagner ce match si facilement. Si le penalty rentre, nous pouvons enchaîner et gagner le match. Avec le recul, c’est toujours facile à dire. Mais je me sentais bien dans le match. Je ne pense pas qu’il y ait un fossé et je pense que si nous les affrontions en finale, je me serais senti en confiance. Être en confiance ne se traduit pas toujours par une victoire, mais je pense que vous avez vu ce soir que nous sommes une grande équipe.»
Toutefois, ce discours optimiste porté par le groupe et son staff se heurte à l’analyse au vitriol des consultants, incarnée par Roy Keane. Recadrant immédiatement l’attaquant sur le plateau de Sky Sport, l’ancien international irlandais a affirmé qu’il y avait une classe d’écart entre les deux nations : «je ne suis pas d’accord avec Gordon, je pense qu’il y a un fossé. Je pense qu’il y en a un, évidemment l’Espagne est championne du monde et championne d’Europe.» Entre des erreurs défensives impardonnables pour la presse et un optimisme interne jugé déconnecté de la réalité du terrain, l’Angleterre ressort de cette confrontation avec moins de certitudes qu’avant.
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