Trent Alexander-Arnold pensait sans doute avoir retrouvé une porte d’entrée avec l’Angleterre. Écarté de la Coupe du Monde 2026 par Thomas Tuchel, le latéral du Real Madrid a été rappelé pour le rassemblement de septembre, au même titre que Cole Palmer, lui aussi absent du Mondial. Mais alors que ce retour pouvait laisser espérer un nouveau départ avec les Three Lions, le joueur de 27 ans reste pour l’instant cantonné à un rôle secondaire. Face à l’Espagne (2-3), samedi, il n’a pas disputé la moindre minute, Tuchel lui ayant encore préféré Jarell Quansah au poste d’arrière droit. Selon le Daily Mail, Alexander-Arnold en est désormais à plus de 478 jours sans jouer avec l’Angleterre. Sa dernière apparition remonte au 7 juin 2025, comme remplaçant lors de la victoire contre Andorre (1-0), tandis que sa dernière titularisation date du 13 octobre 2024 contre la Finlande (3-1), soit 714 jours. Une situation particulièrement surprenante pour un joueur qui a, un temps, été considéré comme l’un des meilleurs latéraux droits du monde.

Le contraste est d’autant plus saisissant lorsqu’on regarde le parcours du défenseur depuis son départ de Liverpool. Formé chez les Reds, Alexander-Arnold avait fini par devenir une référence à son poste, notamment lors du sacre en Ligue des Champions 2019, grâce à sa qualité de passe, ses centres et sa capacité à créer le danger. Il a pourtant décidé de quitter son club de cœur pour rejoindre le Real Madrid à l’été 2025, avec l’ambition évidente de franchir un nouveau cap. Depuis, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. L’Anglais n’a jamais totalement retrouvé son meilleur niveau et son statut s’est progressivement fragilisé à Madrid. Après avoir déjà dû composer avec la concurrence de Dani Carvajal, il voit désormais Denzel Dumfries débarquer cet été, réduisant encore davantage ses perspectives de temps de jeu. Cette saison, il n’a ainsi débuté que trois des huit matches du Real Madrid toutes compétitions confondues, avec également deux entrées en jeu et trois rencontres passées intégralement sur le banc.
Thomas Tuchel réserve un traitement incompréhensible à Trent Alexander-Arnold
Et cette baisse de statut en club a forcément eu des conséquences sur sa situation avec les Three Lions. La concurrence a toujours été particulièrement forte à droite, avec Kyle Walker, Kieran Trippier, Reece James ou encore Tino Livramento. Mais elle s’est encore accentuée ces derniers mois avec l’émergence de profils comme Quansah, utilisé à droite face à l’Espagne. Cet été, sans Alexander-Arnold à la Coupe du Monde 2026, l’Angleterre a finalement terminé troisième du tournoi, un résultat jugé globalement satisfaisant par Tuchel, qui ne regrette absolument pas ses choix. « J’étais très satisfait de la composition de l’équipe. Nous avons consacré beaucoup d’efforts à la sélection des joueurs. Je n’ai pas passé une seule nuit blanche à cause de notre sélection. J’ai côtoyé ces joueurs pendant sept semaines et ils ont été tout simplement fantastiques. On a l’impression que notre ambition n’a pas été comblée, mais c’est ainsi. Il faut aller de l’avant. Les décisions prises lors du match contre l’Argentine… Parfois, en tant qu’entraîneur, on ne peut gagner que si on gagne. Qui sait ce qui se serait passé ? Si nous n’avions effectué aucun remplacement, que se serait-il passé ? Qui sait. Je ne laisserai pas 30 minutes de cette Coupe du Monde occulter la façon dont nous percevons notre parcours », a expliqué le sélectionneur.
Le retour du joueur de 27 ans dans le groupe en septembre représentait donc une petite lueur d’espoir. Mais après le match contre l’Espagne, le doute reste fort. Alors que l’Angleterre était menée 3-2 à partir de la 74e minute et cherchait désespérément à revenir, Tuchel a procédé à plusieurs changements sans jamais faire appel au Madrilène. Morgan Gibbs-White, Dominic Calvert-Lewin et Jarrad Branthwaite sont ainsi entrés en jeu, tandis qu’il est resté sur le banc. Et c’est précisément dans ce genre de scénario que ses qualités auraient pu être particulièrement utiles : sa capacité à renverser le jeu, à délivrer des centres précis ou à trouver une passe dans les derniers mètres. Le Daily Mail rappelle notamment que l’Anglais a délivré six passes décisives avec Liverpool en quarts et demi-finales de Ligue des Champions au cours de sa carrière. Autrement dit, alors que les Three Lions avaient besoin de créativité pour arracher l’égalisation, le joueur capable de faire la différence dans ce registre n’a même pas été utilisé.
Trent Alexander-Arnold peut-il enfin inverser la tendance ?
Tuchel, lui, assume pleinement son choix et insiste sur les qualités de Quansah, titularisé jusqu’au bout. « Il y avait aussi beaucoup de défense à faire. Des duels individuels. Marc Guehi suivait au milieu de terrain, ce qui nous a obligés à jouer à trois derrière. Nous avions besoin de la vitesse et des qualités de Jarell, notamment pour jouer en défense centrale. Jarell a été excellent. » Une justification qui peut s’entendre sur le plan tactique, mais qui ne fait que prolonger les interrogations autour du statut d’Alexander-Arnold. D’autant que les difficultés défensives de l’Angleterre n’ont pas disparu sans lui : les Three Lions ont encaissé trois buts face à l’Espagne, avec des pertes de balle de Marc Guehi et Nico O’Reilly, ainsi qu’une action collective durant laquelle Quansah, Guehi et Ezri Konsa ont laissé l’enchaînement espagnol se développer jusqu’au but. Le débat ne consiste donc pas à dire que l’Angleterre aurait forcément gagné avec Alexander-Arnold, mais simplement à se demander pourquoi un joueur possédant de telles qualités offensives n’a pas été utilisé alors que son équipe devait courir après le score…
Interrogé sur les situations dans lesquelles il pourrait justement décider de faire appel à son latéral, Tuchel n’a d’ailleurs pas vraiment ouvert de porte. « Il nous reste trois matchs. Je dois choisir onze joueurs et cinq remplaçants. Rien d’autre. » Une réponse très directe qui illustre parfaitement le flou entourant aujourd’hui la situation du joueur du Real Madrid. Alexander-Arnold a certes été rappelé, ce qui constitue déjà un signe positif après son absence du Mondial, mais son retour ne signifie visiblement pas qu’il a retrouvé la confiance de son sélectionneur. Entre son départ de Liverpool, ses difficultés à Madrid, l’arrivée de Dumfries, la concurrence persistante en sélection et désormais 478 jours sans le moindre match avec les Three Lions, son statut a considérablement changé. Il conserve pourtant un talent et une qualité technique capables de faire la différence à très haut niveau. Reste à présent à savoir si Tuchel lui offrira enfin sa chance mardi contre la Tchéquie, lors de la deuxième journée de Ligue des Nations.
Manchester City
Inghilterra
Real Madrid
Thomas Tuchel
Denzel Dumfries
Trent Alexander-Arnold
Marc Guéhi
Tutti i commenti