Depuis hier, Manchester City a été officiellement reconnu coupable par la Premier League de tous les chefs d’accusation concernant les infractions commises vis-à-vis du fair-play financier du championnat anglais. Un véritable coup de massue pour le football anglais qui se doutait que les Cityzens avaient probablement fauté, sans pour autant imaginer l’ampleur du rapport rendu par la commission indépendante missionnée dans cette affaire. Depuis, une vague de réactions déferle dans les médias britanniques. Et souvent, c’est pour condamner les Skyblues et réclamer une sanction exemplaire. Secrétaire d’État aux sports, Lisa Nandy a été l’un des premiers membres du gouvernement à s’exprimer sur l’affaire.

Toute l’Angleterre est en émoi
« Je ne veux pas préjuger d’une éventuelle procédure d’appel, et ils ont droit à une audience équitable. Mais ce que je dirais, c’est que la sanction ultime est en effet très grave. Je veux dire par là qu’un club peut être exclu de la Premier League si ce genre d’allégations est confirmé, ce qui aurait évidemment d’énormes répercussions pour tout le monde. Il s’agit donc de sanctions très sévères, et je pense que le plus important est de veiller à ce que les règles soient clairement comprises, respectées et appliquées de manière cohérente, et à ce que nous puissions agir rapidement en cas d’infraction. La Premier League est l’un de nos plus grands atouts à l’international. Elle fait le bonheur de millions de personnes, et nous voulons nous assurer de la protéger pour les supporters, aujourd’hui et à l’avenir », a-t-elle déclaré hier sur Channel 5 News.
Une mise en garde qui tranche singulièrement avec les propos tenus par le Premier ministre anglais Andy Burnham. Installé au 10 Downing Street depuis juillet dernier, ce dernier a appelé à la plus grande prudence dans un entretien accordé à la BBC. « Je me souviens qu’à l’époque, certains avaient déclaré Everton coupable, et vous savez, avec le recul, je pense que beaucoup reconnaîtraient aujourd’hui que cette affaire n’a pas été gérée de manière équitable. Il serait donc malvenu de ma part de prendre parti, compte tenu de l’expérience que j’ai vécue avant de devenir Premier ministre. » Et si Andy Burnham demande à ne pas condamner Manchester City, c’est peut-être aussi parce qu’il a été maire du Grand Manchester entre 2017 et l’été 2026. Autant dire qu’il connaît donc très bien les patrons des Skyblues.
Burnham au cœur d’un conflit d’intérêts ?
« Je tiens en effet à remercier le City Football Group et l’ensemble des actionnaires pour l’argent qu’ils ont investi non seulement dans l’Etihad et le campus qui l’entoure, mais aussi dans la ville. Je serais vraiment inquiet à l’idée de les perdre. Ils ont été un partenaire essentiel dans la construction du Manchester moderne. Et bien sûr, dans l’ascension de Manchester City au rang de puissance mondiale qu’il est aujourd’hui. Je ne peux pas intervenir davantage dans ce processus. Ce serait une erreur de ma part de le faire. Je pense qu’il serait erroné de tirer des conclusions hâtives avant d’avoir réellement étudié tous les détails, mais il est évident que l’affaire est en cours, et comme elle est toujours contestée par Manchester City, je pense qu’il est juste que je n’en dise pas davantage. »
Des propos qui font déjà parler de l’autre côté de la Manche. À l’heure où un club est accusé d’avoir commis la plus grande infraction de l’histoire du football, le chef du gouvernement préfère visiblement s’inquiéter d’un éventuel départ des richissimes investisseurs émiratis, mettant de côté son devoir de neutralité. Enfin, en déclarant publiquement qu’il ne « peut pas intervenir davantage dans ce processus », Andy Burnham laisse entendre qu’il est déjà intervenu dans l’affaire. Nul ne sait encore quelles sanctions seront décidées dans cette affaire, mais le Premier ministre anglais a clairement démontré que le pouvoir politique devrait bel et bien avoir son mot à dire.
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