C’est une nouvelle donnée qui pourrait bouleverser le monde audiovisuel dans les prochains mois. Le groupe Canal+ s’est insurgé contre la proposition du projet de loi de finances d’aligner la TVA de la télévision payante sur le taux normal, la faisant passer de 10 à 20 %. Cette mesure représenterait un surcoût annuel de 200 millions d’euros pour le groupe audiovisuel. Interrogé ce lundi sur RTL, le président du directoire Maxime Saada a dénoncé une décision politique qui n’est pas raisonnée et qui n’a aucun sens économique selon lui.

Amer face au Ministère qui entreprend de mettre en vigueur cette loi, Saada sait désormais que son groupe va devoir entreprendre de sérieux sacrifices pour absorber cette perte prévue. Afin de compenser ce choc fiscal que l’entreprise affirme ne pas pouvoir absorber seule, Saada a mis en garde contre des répercussions directes sur ses abonnés et sa masse salariale. Cette trajectoire fiscale provoquerait "nécessairement" une augmentation du tarif des abonnements à l’horizon 2028-2029, tout en faisant peser la menace d’un plan social au sein du groupe de Vincent Bolloré.
Maxime Saada fustige la Ligue 1
Au-delà d’éventuels bouleversements en interne, Canal+ agite la menace d’un désengagement massif dans le secteur sportif français. Premier contributeur du paysage audiovisuel sportif, Canal+ a un rôle prépondérant dans le budget du rugby professionnel (Top 14) ainsi que dans la diffusion de la Ligue des Champions et de la Première Ligue féminine. En ce sens, Maxime Saada a averti sans détour ce lundi matin : «la décision met à bas tout le financement du cinéma français et potentiellement le financement du sport.»
Pour appuyer son propos, le dirigeant dresse un parallèle avec les récentes turbulences traversées par le football professionnel français depuis la mise en retrait de la chaîne des appels d’offres de la LFP. En d’autres termes, si la chaîne cryptée ne finance plus autant le sport français, ce dernier est en grand danger. Renvoyant les autorités et les instances à leurs responsabilités, il a conclu en interpellant directement les décideurs publics : «qui va se substituer à Canal+ pour financer le sport et le cinéma ? Vous avez vu ce que ça a donné la Ligue 1 ? Quand Canal+ n’est pas là pour financer ?» Un sacré pas en arrière lorsque l’on se rappelle que les relations s’étaient récemment réchauffées entre la LFP et le groupe Canal…
Tutti i commenti