Le football africain progresse et cela se ressent depuis quelques années. Cet été, la Coupe du monde masculine a vu 9 des 10 nations du continent africain s’extraire de la phase de poules. Une homogénéité et une amélioration qui se constate également à l’échelle féminine. Il y a trois ans, lors de la Coupe du monde 2023, l’Afrique avait brillé avec trois de ses quatre représentants en huitième de finale. L’Afrique du Sud avait d’ailleurs éliminé l’Italie, le Nigéria (qui avait également battu l’Australie, 4e du tournoi) avait devancé le Canada et surtout le Maroc avait sorti la sélection allemande à la surprise générale. Quatre ans plus tard, elles seront entre 4 et 6 nations à représenter l’Afrique et on verra de nouvelles têtes avec l’Algérie et le Malawi. Preuve que le niveau global des équipes progresse avec des sélections qui émergent.

Une sélection qui part de loin
Encore loin de l’effervescence de ces grands tournois, la sélection des Comores rêve secrètement d’atteindre un jour les sommets. 187e nation au classement FIFA entre les Îles Caïmans et la Libye, l’équipe des Cœlacanthes essaye de progresser et de rattraper le retard sur la concurrence. Depuis 2006 et les premiers pas de la sélection, la régularité des matches manque et les résultats positifs sont peu nombreux. Ne participant pas aux compétitions majeures, la sélection comorienne n’a disputé qu’une seule fois les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations et c’était en 2014 avec une lourde défaite 13-0 contre l’Afrique du Sud. Depuis, l’évolution est lente et la première participation au championnat du COSAFA (championnat régional réunissant les sélections d’Afrique Australe) en 2019 s’était soldé par des défaites marquantes contre l’Afrique du Sud (17-0), le Malawi (13-0) et Madagascar (5-1).
Crédit photo : Saouda MOUSSA
Derrière, l’équipe comorienne a connu plus de régularité même si cela n’a pas toujours été évident. En 2021, aucun rassemblement n’a eu lieu et il y a eu une attente de près d’un an entre avril 2025 et avril 2026. Une irrégularité qui a fait mal au développement de l’équipe même si de meilleurs résultats ont été obtenus comme cette victoire 3-1 contre l’Angola lors du COSAFA 2024. Pour le moment, les Comores sont la 44e meilleure nation africaine au classement FIFA et seuls la Libye, Madagascar, le Soudan, le Soudan du Sud, Djibouti et l’île Maurice font pire (la Mauritanie et l’Érythrée n’étant pas classés). Chez les hommes, les Comores occupent le 108e rang FIFA et sont considérées comme la 24e force africaine. De plus, avec deux participations à la CAN dont ce huitième de finale obtenu en 2021, les Comores ont acquis une réputation en Afrique que recherche désormais l’équipe féminine.
Beaucoup de travail à faire très rapidement
«Dans un premier temps par manque de moyens. La fédération a fait le nécessaire pour se faire connaître via les A. Maintenant que c’est fait, il faut le faire comme les garçons. Les personnes mises en place sur ce projet font le nécessaire pour atteindre ce niveau. C’est totalement ça, l’idée, c’est de faire comme les garçons à notre échelle avec un jeu qui plait. Une équipe soudée, humble comme le peuple comorien. Être humble, c’est dans notre ADN tout en étant également compétiteurs», nous a d’ailleurs confié le sélectionneur Youssouf Abdallah. Coach en île-de-France depuis plusieurs années, il a pris plusieurs clubs comme Cesson, Savigny-sur-Orge et depuis 2023, Le Mée Sports Football qu’il a conduit aux portes de la National 2 (ex-National 3) en 2025 en terminant en tête de son groupe de Régional 1. Cela lui avait même valu le titre de meilleur coach d’île-de-France en 2025, succédant à un certain Habib Beye suite à son travail au Red Star. En parallèle, il a occupé le poste de sélectionneur adjoint de l’équipe U20 masculine des Comores. Un vécu et une expérience qu’il met désormais au service de l’équipe féminine.
Et très vite, il a fallu faire un constat. Et cela passait par une meilleure organisation au sein de la sélection et de travailler avec une récurrence : «la fédération m’a contacté en février. C’était pour faire le COSAFA en Afrique du Sud, mais on a préféré mieux se structurer que d’y aller. On a mis le temps nécessaire pour établir un staff, reprendre contact avec des anciennes joueuses et des joueuses non convoquées. On avait une ossature de niveau Régional 1 (D4). Maintenant plus de troisième division (D3) et on attend des joueuses de première et deuxième division. Il faut que la fédération nous donne un rassemblement à chaque date FIFA pour convaincre celles qui n’ont pas passé le cap. Malheureusement quand j’ai été nommé, lors du premier rassemblement en avril, cela faisait un an que les féminines ne s’étaient pas rassemblées. On souhaite combler ce retard, on va se retrouver et faire des progrès.»
La diaspora au coeur du projet
Et pour progresser, les Comores peuvent s’appuyer sur une diaspora intéressante. Chez les hommes, Warmed Omari, Zaydou Youssouf ou encore Yannick Pandor ont renforcé les rangs. Dans l’équipe féminine, on compte les apports de joueuses comme Assimina Maoulida, Aliya Saïd ou encore Aïcha Saïd. Pour autant, l’objectif de la sélection et de continuer de se renforcer en convainquant d’autres joueuses de les rejoindre. «Il y a un réservoir intéressant de binationales, Chloé N’Gazi qui a brillé lors de la CAN avec l’Algérie aurait pu nous rejoindre. Il y en a d’autres comme Jamila Hamidou et Nadjma Ali Nadjim qui jouent à Auxerre en deuxième division. Il y a au moins une dizaine de joueuses qui pourraient venir nous aider. On ne participait pas ou peu aux compétitions. Certaines filles voulaient atteindre un an ou deux pour voir si de la continuité pour intégrer l’équipe», a expliqué le sélectionneur Youssouf Abdallah. Parmi ces joueuses qui plaisent à la sélection, outre les Auxerroises Jamila Hamidou et Nadjma Ali Nadjim, il y a également Kysha Sylla (22 ans) qui vient de rejoindre la Juventus Turin, Airine Fontaine (22 ans), qui réalise un très bon début de saison avec son club de Montpellier, après avoir quitté Dijon ou encore Auryane Abdourahim (18 ans), attaquante à Guingamp et formée au Paris Saint-Germain qui vient de claquer un quintuplé lors de la première journée de D3. D’autres sont dans les starting-blocks, comme Hannaa Chamsoudine (Saint-Etienne) ou Aalyah Samadi (OL) qui ont déjà participé à des rencontres amicales avec la sélection. Certaines évoluent même hors de France comme Mickaëlla Cardia (25 ans) qui joue en Suisse au Servette FC, Omy Aicha Chnina (23 ans) qui évoluait la saison dernière au Maroc avec la Raja Aït Iazza ou encore Raïmila Andjibou (22 ans) qui était du côté du SC Bettembourg au Luxembourg.
Crédit photo : Saouda MOUSSA
Un gros travail de prospection réalisé par Youssouf Abdallah et son staff, qui dépasse même le circuit des plus hautes divisions françaises et étrangères. En effet, ils ont même repéré Alisha Hamidi (16 ans), gardienne de but du côté de Saint-Memmie, un club qui a vu passer Marinette Pichon et Gaëtane Thiney. Joueuse binationale Assimina Maoulida a rejoint la sélection en novembre 2025. La défenseure centrale de 24 ans dispose d’une expérience certaine puisqu’elle est passée par l’Olympique Lyonnais, Fleury ou encore le Stade de Reims en D1 Arkéma. Sélectionnée en équipe de France jusqu’en U20, elle a finalement opté pour les Comores quand sa soeur Anissa était sélectionneuse de l’équipe : «j’étais en D1 à Reims avec des perspectives en France U23. Vu que ma sœur a été sélectionneuse, je l’ai rejointe et j’ai adoré. Je n’avais pas forcément d’a priori. Je savais que c’était un niveau inférieur à ce que je connais, mais j’adore transmettre et donner. J’étais agréablement surprise, car mes attentes ont été dépassées.» Satisfaite de son choix, celle qui a gagné l’Euro U19 avec la France en 2019 avec Melvine Malard, Vicki Becho ou encore Sandie Baltimore espère qu’elle sera suivie à l’avenir par d’autres joueuses binationales : «ça va faire la différence sur les prochaines années. Que les joueuses représentent leur équipe d’origine. Il y a eu le débat chez les garçons de choisir dès le début. Je pense que le vivier des binationales, c’est important d’appuyer dessus. Il ne faut pas forcer, car ça peut faire peur au début, car c’est une structure jeune. Mais c’est important de faire confiance et ça permet ainsi d’élever le niveau des petites nations.»
Elle considère également que cela aura un impact positif sur les autres joueuses déjà en place : «je pense que forcément, elles se nourrissent de ça. Il y a une concurrence qui s’installe. Elle est importante quand elle est saine et ça va créer un groupe compétitif.» Autre binationale, Aliya Saïd (28 ans) apprécie également l’apport de ces joueuses expérimentées au sein de l’équipe. Passée par l’OL, l’OM, Metz ou encore Evian, la joueuse de Clermont capable de jouer en défense et au milieu de terrain apprécie son expérience en sélection depuis 2021 et trouve l’évolution agréable : «franchement c’était super, j’ai beaucoup aimé mes premiers pas et je trouve qu’il y a une assez grande évolution depuis que j’ai commencé à porter le maillot de la sélection. Il y a pas mal de choses déjà qui ont changé, juste concernant le niveau des joueuses, la fédération a réussi à prendre pas mal de joueuses venant de la diaspora. Des joueuses venant de France, qui jouent au niveau D3, il y en a aussi qui jouent en D2, donc ça, c’est pas mal. Et même au niveau des compétitions comme cette année, on fait des qualifications. On joue des tours éliminatoires pour les Jeux Olympiques, c’est quelque chose qu’on n’avait auparavant jamais fait, donc franchement, c’est pas mal.»
Des progrès se font déjà sentir
Et pour convaincre certaines joueuses de venir et l’effectif actuel que le projet est en bonne voie, il fallait vite que cela se traduise sur le terrain. En avril dernier, l’aventure débutait avec deux rencontres amicales en Tunisie contre deux adversaires avec de meilleures références. «On a perdu 2-0 contre le Benin et une courte défaite 2-1 contre la Tunisie. C’était le point de commencement de ce changement. Les gens imaginaient qu’on allait subir une humiliation, on est content de ce rassemblement qui a été le commencement d’une belle aventure», nous a confié le sélectionneur. Puis en juin, les Comores ont écrasé le Soudan en s’imposant 17-0 à l’aller et 13-0 au retour. Un résultat anecdotique contre une équipe dont le pays est en guerre et dont les joueuses étaient très jeunes, mais qui a permis de continuer la bonne dynamique. «Nous sommes une nation qui prenait beaucoup de buts. Le principal travail, c’était d’arrêter l’hémorragie. Sur 4 matches, on a pris 4 buts. Ce qui reste raisonnable par rapport à avant. Il faut mettre un socle défensif en place dans un premier temps. Il faut maintenir cet aspect et essayer au maximum de fermer. Faire venir des joueuses, progresser offensivement afin d’atteindre une homogénéité», note Youssouf Abdallah.
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Pour Aliya Saïd aussi, ces matches ont permis à l’équipe de montrer qu’elles pouvaient concurrencer des sélections plus fortes : «le score, il ne représente pas forcément le déroulement du match et franchement, c’est très encourageant. Oui, c’était assez serré, c’était très serré. Et bon après… Ils ne nous prenaient pas forcément au sérieux au préalable, mais on a su se relever et montrer que finalement, il faut y aller.» Entre joueuses professionnelles et certaines qui travaillent ou étudient à côté de leur carrière de joueuses, la sélection comorienne doit faire face à des contraintes que n’ont pas d’autres équipes, mais Aliya Saïd et ses coéquipières le prennent positivement : «franchement, c’est assez important. Même les joueuses, elles sont contentes de pouvoir jouer aux côtés de joueuses avec qui elles n’ont pas forcément l’habitude de travailler. C’est cool. Oui et puis au sein de l’équipe il y a quelques joueuses qui sont totalement professionnelles, mais il y a aussi des joueuses qui sont étudiantes ou qui travaillent. Elles doivent demander de décaler des cours ou demander des congés. Sinon, elles s’arrangent avec leur travail. C’est ça, cet esprit de solidarité. Par exemple une joueuse est en train de bosser ses cours et nous, on est à côté.»
Assimina Maoulida a également senti que les derniers rassemblements ont permis de montrer de bonnes choses : «positif oui, il y a eu de très bonnes choses contre la Tunisie et le Bénin. Le résultat n’est pas forcément positif, car il y a un peu de déception. Le Soudan c’était une grosse victoire. La volonté de la fédération, c’est de faire de plus en plus de stages et de laisser une bonne image. De base le foot féminin est peu regardé. Plus en Europe, mais pour les petites équipes, on ne voit que nos résultats. Le premier gros objectif, c’est de ne pas perdre largement et ressortir aussi avec des éloges de ces grosses équipes. Que les Comores soient vues comme une équipe qui progresse. Qu’on soit vu comme une équipe qui ne lâche rien.» Joueuse du FC Rousset, passée par l’Olympique de Marseille ou encore Dijon, Aïcha Saïd (20 ans) sent également que l’équipe est dans une bonne dynamique et peut nourrir des ambitions pour le futur : «je ne dirais pas forcément une montée en puissance, mais je dirais plus une confiance qu’on commence à prendre entre nous. J’ai fait pas mal d’équipes. J’essaie au quotidien ou avec mes expériences privées de les mettre au service de l’équipe. Étant donné que je suis gardienne de but, j’essaie de mettre en oeuvre tout ce que j’apprends et j’ai appris. Quand on joue contre des grandes équipes, il faut donner le meilleur de soi-même. Il faut essayer de rester assez réaliste, mais c’est le football. Il faut donner le meilleur de soi-même et faire ce que l’on sait faire.»
Un travail qui ne s’arrête pas au rassemblement
Le travail ne s’est pas arrêté entre le dernier rassemblement en juin et celui qui débute désormais. Adjoint du sélectionneur en charge de l’analyse vidéo, Benamar Chachoua nous a évoqué le travail mis en place entre les différentes fenêtres internationales : «on a préparé ce rassemblement depuis la fin du dernier au mois de juin. On avait fait des entretiens avec chaque joueuse, comme on le fait sur chaque rassemblement. On leur a envoyé un programme personnalisé. On sait qu’il y en a qui vont avoir des préparations totalement différentes. Entre celles qui jouent en première, deuxième division et celles qui jouent en Régional 1. On a essayé d’individualiser la préparation. Après, on a eu un suivi régulier avec les joueuses et les préparateurs physiques. Pour avoir un suivi et les résultats de performance au niveau athlétique, notamment sur les tests de VMA.. Après, chacun de notre côté, on s’est découpé un nombre de joueuses. L’entraîneur des gardiens a fait toutes les gardiennes. Youssouf et moi, on s’est partagé une bonne partie de l’effectif avec les autres adjoints. Pour pouvoir avoir un petit échange régulier, ce qui nous permettait d’avoir un visuel sur leur état de santé. Certaines ont changé de club. À la base, on avait une stature, quasiment toutes les joueuses à 90% en R1. Aujourd’hui, quasiment toutes les joueuses jouent minimum en D3. On a envoyé un programme individuel sur 12 semaines pour être prêt physiquement parce qu’on a un énorme déficit naturel par rapport au Nigeria qui sont très très athlétiques. On a mis plein de choses en place. On s’est également rendu sur les différents stades. On a vu des matches amicaux. On est parti sur Fleury pour voir notre capitaine lors de Fleury - Le Mans. On en a profité pour voir la gardienne de 16 ans Alisha Hamidi, des visites de joueuses, des coups de fil, des messages, un suivi global».
Benamar Chachoua s’est également déplacé au Maroc durant la Coupe d’Afrique des Nations cet été pour observer trois rencontres dont le match entre le Nigéria et le Malawi afin de scruter au mieux le futur adversaire des Cœlacanthes. Il y a eu également un travail au niveau de la vidéo par rapport aux 7 à 8 derniers matches du Nigeria. Un travail vidéo qui ne se limite pas aux adversaires puisque certaines joueuses de la sélection ont envoyé des vidéos de leurs matches de préparation. Autre sujet important, celui de convaincre les binationales de rejoindre l’équipe première. Il y a eu un renfort avec Alisha Hamidi qui renforce l’équipe du haut de ses 16 ans et incarne le futur de la sélection. Néanmoins, certaines joueuses doutent encore vu que le nouveau projet date d’avril et que les dernières années n’ont pas permis de continuité pour les Comores. «La volonté première, c’était de la renforcer dès le premier rassemblement. Aujourd’hui, on est dans une difficulté. Les filles ont plein d’a priori. Sur la structuration de la fédération. Sur le groupe en tant que tel. Mais on sait que les filles se connaissent et elles échangent entre elles. Je pense qu’il manque très peu de choses pour que ça bascule en notre faveur et qu’on ait des joueuses qui nous rejoignent. Aujourd’hui, on a la jeune Alisha Hamidi qui nous rejoint. Après sur les profils équipes de France jeunes, on s’est déplacé pour échanger avec Jamila Hamidou et Nadjma Ali Nadjim de l’AJ Auxerre. On a plein de filles qui sur le principe sont d’accord avec le projet, mais elles sont toujours avec une retenue. Parce qu’en fait, elles ont peur de venir pour un one-shot. Alors que nous, on sait très bien que la fédération, elle essaie de vraiment changer. De structurer à l’image des trois rassemblements qu’on va avoir sur les trois dernières dates FIFA. alors qu’avant, c’était trois rassemblements en trois ans», nous a confié Benamar Chachoua.
Objectif CAN 2028
Qualifiées pour le tour suivant, les Comoriennes vont défier le Nigéria sur les prochains jours. Des rencontres qui s’annoncent compliquées puisque le Nigéria a remporté 10 des 14 Coupes d’Afrique des Nations disputées. Face au géant du continent africain, cela s’annonce difficile, mais cela va aussi permettre de travailler certaines notions en vue de l’objectif principal de l’équipe, les éliminatoires de la CAN 2028. «Le test qui arrive est une belle échéance. Jouer le Nigeria malgré leur CAN moyenne (quart de finale) ce sera dur. Ce sont des championnes qui jouent toutes dans les meilleurs clubs européens. Elles ont gagné 10 CAN. Il nous faut encore progresser, faire des rassemblements et se qualifier pour une CAN. L’objectif, c’est d’essayer de faire des résultats et surtout de se qualifier pour la CAN 2028. Si on peut progresser dans ces tours préliminaires des Jeux Olympiques, on prendra. La prochaine échéance sera très dure et on mesure cette difficulté. Il faut franchir un cap en jouant des matches pleins», a admis Youssouf Abdallah.
Crédit photo : Saouda MOUSSA
Le sélectionneur des Comores veut également profiter de cette dynamique pour mettre fin au scepticisme lié à un manque de régularité de la sélection nationale au cours des années précédentes : «au début, elles étaient très sceptiques. Un rassemblement est vite venu. Entre juin et octobre, on va se rassembler. On va se retrouver probablement aux Comores ou au Nigeria pour les confrontations. On est dans la continuité avec trois rassemblements en six mois. La fédération s’est mise au boulot. On était 48e quand j’ai pris la sélection. On a gagné deux places. On espère gagner entre 2 et 5 places d’ici la fin d’année. L’objectif est de devenir une équipe du niveau moyen du continent.» Disputer la CAN en 2028 ou sur les années à venir, Aïcha Saïd y pense également et estime que le fait d’avoir des meilleures conditions mises par la fédération vont aider toute l’équipe : «j’y crois fortement. Je ne l’ai pas connu et j’espère toujours y participer. On a déjà un peu plus de moyens, on a plus de considération aussi. Au quotidien, on n’a qu’à se concentrer sur le travail qu’on a à faire. Tout ce qui est en dehors, on a moins à y penser. Quand c’est comme ça, il y a plus de chances pour qu’on y arrive.» Ambitieuse, la sélection des Comores a beaucoup de travail à faire pour atteindre ce niveau, mais le potentiel est là et les progrès se font déjà ressentir.
La récurrence et une meilleure organisation permettent au projet d’être renforcé, mais la route s’annonce encore longue comme l’explique Aliya Saïd : «oui bien sûr ça nous aide beaucoup. Le fait qu’on se retrouve plus régulièrement parce que les années précédentes, on se retrouvait peut-être une fois dans l’année, deux fois max. Il y a même des années où on n’a même pas pu se rassembler. Donc le fait de se retrouver régulièrement en équipe, c’est vraiment un plus pour l’équipe et pour tout le monde. Il y a des pays qui ont réussi à se qualifier pour la Coupe du Monde pour la première fois. Il y a le Malawi, l’Algérie. Franchement, c’est juste encourageant pour l’Afrique. Même pour nous. Ça nous motive encore plus en nous disant qu’il y a certains pays qui commencent à peine comme nous. Je pense qu’il nous manque encore de l’expérience. Je sais que le staff travaille beaucoup pour trouver des joueuses qui peuvent venir nous aider pour la sélection. On attend qu’elles viennent. Ce sera très important qu’elles viennent assez rapidement. Pour nous prêter de la force parce que l’équipe est assez jeune.» Nul doute que les prochains mois seront animés pour la sélection féminine des Comores qui entend grandir dans le paysage footballistique de l’Afrique …
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