À trois semaines de la cérémonie du Ballon d’Or, Marca est allé interviewer Pascal Ferré. Auteur du livre La face cachée du Ballon d’Or, l’ancien journaliste de France Football a été le patron de l’organisation du plus prestigieux trophée individuel de la planète foot jusqu’en 2023, avant son départ au Paris Saint-Germain. Autant dire que Ferré en connaît un rayon sur les anecdotes croustillantes entourant la remise de cette récompense tant convoitée. À commencer par la tentative cavalière d’un agent d’un des joueurs nommés. « Oui, c’est vrai, un agent a voulu me rencontrer. Son client était nommé, bien sûr, et après m’avoir expliqué et vanté ses mérites, il m’a demandé si je pouvais, entre guillemets, « vendre » sa candidature auprès du jury. Je lui ai logiquement répondu que non. Ensuite, j’ai dû m’absenter un instant de la table pour répondre à un appel, et quand je suis revenu, il n’était plus là, mais il y avait une enveloppe sur la table. Je l’ai prise et je l’ai déposée à l’accueil. Je ne sais pas ce qu’elle contenait. » Ensuite, à l’époque où France Football appelait le vainqueur avant de dévoiler le résultat au grand public, Ferré a confié que deux appels l’ont profondément marqué.

« Deux appels ont marqué davantage que les autres. Le premier, lorsque j’ai appelé Luka Modric pour lui annoncer qu’il avait gagné en 2018. Quelques semaines auparavant, j’étais allé le voir, comme tous les autres candidats, pour leur dire que le dépouillement était en cours et que, s’il était déclaré vainqueur, je l’appellerais à une date précise, afin qu’il reste à l’affût et puisse déjà planifier ses rendez-vous. Une fois le dépouillement terminé, j’ai appelé Luka Modrić, mais il n’a pas répondu. Quelques minutes plus tard, il m’a rappelé et je lui ai annoncé la nouvelle. Là, tout à coup, il y a eu un silence au bout du fil. Puis il s’est mis à pleurer et m’a dit que c’était formidable. Quelques jours plus tard, lorsque je suis allé le voir pour l’interview, il m’a avoué que, lorsque je l’avais appelé, il n’avait pas pu décrocher le téléphone, car il était trop ému pour parler. L’autre moment marquant, c’est quand j’ai appelé Karim Benzema. Ce qui m’a surpris, c’est qu’il était très froid, comme si ça ne l’intéressait pas beaucoup. Puis, quelques jours plus tard, il m’a présenté ses excuses et m’a expliqué ce qui s’était passé. Il m’a dit qu’il était sur la table de massage en train de se faire masser, qu’il avait envie de crier mais qu’il ne pouvait pas, car il était entouré de ses coéquipiers et savait qu’il devait garder le secret. » Deux moments devenus aujourd’hui impossibles puisque, pour rappel, le vainqueur apprend qu’il est sacré le jour même de la cérémonie.
ミラン
ルカ モドリッチ
カリム・ベンゼマ
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