L’heure de la trêve internationale a sonné et, comme lors des précédentes fenêtres consacrées aux sélections, les rendez-vous impliquant Israël s’annoncent particulièrement mouvementés. Alors que plusieurs pays européens ont récemment reconnu l’État de Palestine, les rencontres impliquant Israël continuent de provoquer de fortes tensions. L’Italie en avait fait l’expérience l’an dernier à Udine, lors de la réception d’Israël en octobre 2025. Des milliers de manifestants étaient descendus dans les rues, avec des affrontements en marge du rassemblement et une forte présence policière autour du stade. Sur le terrain, l’Italie s’était imposée (3-0) dans une atmosphère particulièrement tendue. Un an plus tôt, la même affiche avait déjà été marquée par une importante mobilisation pro-palestinienne à Udine.

Cette fois, c’est l’Irlande qui se retrouve au cœur de la tempête. Les hommes de Heimir Hallgrímsson doivent affronter Israël à deux reprises durant cette trêve, d’abord le 27 septembre à Debrecen, en Hongrie, puis le 4 octobre à Backa Topola, en Serbie. Deux rencontres délocalisées et disputées à huis clos dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. L’Irlande a adopté en septembre une loi interdisant l’importation de certains produits provenant des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Le pays avait également reconnu l’État de Palestine en mai 2024, et le gouvernement irlandais a annoncé son intention de rejoindre la procédure engagée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice. La FAI a par ailleurs demandé à l’UEFA de suspendre Israël et de faire en sorte que les deux sélections ne puissent pas être tirées dans le même groupe, une demande rejetée par l’instance européenne.
Une pression sur tous les fronts
Au milieu de cette bataille politique et institutionnelle se retrouve le sélectionneur irlandais Heimir Hallgrímsson. Après avoir été interrogé sur la rencontre face à Israël, le technicien islandais a lâché une phrase qui a immédiatement provoqué une réaction de la Fédération israélienne. « Nous ne jouons pas avec le génocide, nous jouons contre le génocide. Nous jouons contre Israël, nous ne jouons pas avec Israël », a-t-il déclaré. La Fédération israélienne a dénoncé des propos relevant selon elle de « la stupidité, l’ignorance et l’hypocrisie », tout en évoquant la possibilité de saisir l’UEFA. Plus de 160 sportifs irlandais ont également signé une lettre ouverte appelant au boycott des rencontres, tandis qu’une manifestation s’est tenue devant l’hôtel de la sélection. Israël rejette de son côté les accusations de génocide et affirme mener une guerre défensive depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023.
La pression est également devenue interne à la Fédération irlandaise. En juillet, l’assemblée générale de la FAI avait voté 75 voix contre 32 pour maintenir les rencontres face à Israël. Depuis, plusieurs voix réclament toujours leur annulation dont l’ancien international irlandais Kevin Kilbane qui a estimé, dans les colonnes du Irish Times, que «la FAI finirait par regretter d’avoir maintenu ces matches», tandis qu’un autre texte d’opinion publié dans le quotidien appelait directement la fédération «à faire annuler les deux rencontres». Dans ce climat, la FAI a décidé de retirer les marques de ses sponsors autour des prochains matches de la sélection et de limiter sa communication ainsi que l’accès des médias. Même la chaîne publique RTÉ a réduit sa couverture. Le football passe largement au second plan avant deux rendez-vous devenus particulièrement sensibles.
모든 댓글