La Premier League et l’Angleterre font face à un sacré casse-tête. Sur le papier, Manchester City a été officiellement reconnu coupable de multiples (114) infractions financières vis-à-vis du fair-play financier du championnat anglais. Des contrats douteux qui ont permis, selon le rapport rendu par une commission indépendante, aux Skyblues de frauder pour un peu plus d’un milliard d’euros. En temps normal, l’ancien club de Pep Guardiola doit être très durement sanctionné, quand on sait qu’un club comme Everton l’a été très rapidement pour avoir enfreint lui aussi les règles du FPF anglais, à un degré nettement moins grave (46 M€ d’amende à payer, 10 points de retrait).

Le Premier ministre anglais fait machine arrière…
Sauf que les Toffees ne sont pas adossés à un État, contrairement à Manchester City. Propriété du City Football Group et du Cheikh Mansour ben Zayed Al Nahyan, l’équipe entraînée par Enzo Maresca a déjà fait savoir qu’elle fera, quoi qu’il arrive, appel des sanctions qui seront prononcées. Reste maintenant à en connaître la teneur. Et c’est bien là le cœur du problème. La Premier League ne peut pas imposer une sanction au rabais, sous peine de se discréditer auprès des autres clubs. Mais elle ne veut pas non plus ruiner son produit, d’autant qu’il semblerait que les dirigeants des autres formations ne seraient pas forcément enclins à voir City être exclu de la Premier League. À cela, il faut y ajouter désormais le volet politique. Premier ministre anglais et ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham a défrayé la chronique en signant une intervention que beaucoup considèrent comme inappropriée et surtout partiale.
« Je tiens en effet à remercier le City Football Group et l’ensemble des actionnaires pour l’argent qu’ils ont investi non seulement dans l’Etihad et le campus qui l’entoure, mais aussi dans la ville. Je serais vraiment inquiet à l’idée de les perdre. Ils ont été un partenaire essentiel dans la construction du Manchester moderne. Et bien sûr, dans l’ascension de Manchester City au rang de puissance mondiale qu’il est aujourd’hui. Je ne peux pas intervenir davantage dans ce processus. Ce serait une erreur de ma part de le faire. Je pense qu’il serait erroné de tirer des conclusions hâtives avant d’avoir réellement étudié tous les détails, mais il est évident que l’affaire est en cours, et comme elle est toujours contestée par Manchester City, je pense qu’il est juste que je n’en dise pas davantage. » Face à la polémique, Burnham a choisi de rectifier le tir via un communiqué publié par un porte-parole du 10 Downing Street. « Comme l’a clairement indiqué le Premier ministre, le verdict initial est grave et il ne saurait être question de laisser entendre que quiconque est au-dessus des règles. Il a également souligné qu’il s’agit d’une procédure indépendante en cours. Il est essentiel de la laisser suivre son cours et d’en respecter l’issue. Si des irrégularités sont établies, les responsables devront en assumer les conséquences qui s’imposent. »
… Et ça ne plait pas aux Émirats arabes unis
Face à ce rétropédalage très peu apprécié, les Émirats arabes unis comptent bien riposter. Ils ont d’ailleurs déjà commencé à le faire. Manchester City est l’un des joyaux du petit pays du Moyen-Orient et celui-ci compte bien utiliser toutes ses ressources pour faire pression. À l’image du communiqué publié par l’un des principaux sponsors du club, la compagnie aérienne émiratie, Etihad Airways. Compagnie dont le contrat fait partie des irrégularités pointées du doigt par le rapport de la commission indépendante. « Etihad rejette catégoriquement toute conclusion ou implication laissant entendre que la compagnie aérienne ait jamais été impliquée dans des arrangements commerciaux irréguliers. À aucun moment la Premier League n’a ni contacté, ni dialogué avec Etihad dans le cadre du processus lié à l’avis de la Commission. Etihad consultera les conseillers juridiques compétents sur les options et les recours disponibles pour protéger ses intérêts. »
Aujourd’hui, Bloomberg apporte un nouvel élément au dossier. Selon le média financier, « des responsables des Émirats arabes unis ont averti le gouvernement britannique que la sévérité de la sanction infligée à Manchester City pourrait refroidir leur enthousiasme à l’idée de futurs engagements de grande envergure en Grande-Bretagne. Ils estiment que les mesures prises par la Premier League ont une incidence sur les relations bilatérales entre les deux pays », écrit le média qui précise que les Émirats arabes unis ont investi plus de 35 milliards d’euros dans des secteurs clés du Royaume-Uni ces cinq dernières années. Les deux pays aimeraient poursuivre leur collaboration et un sommet portant sur les investissements à venir est d’ailleurs prévu ce mois-ci entre les deux nations. Une réunion à laquelle va inévitablement s’inviter le cas de Manchester City, qui vient d’ailleurs de faire appel après le rapport publié par la Premier League.
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