Depuis hier soir, le Portugal est sus le choc, non pas d’une tragédie nationale, mais du choix de Cristiano Ronaldo (41 ans) d’abandonner la sélection nationale en plein rassemblement. Vexé, ou plutôt ulcéré, par la conférence de presse de Jorge Jesus la veille du match face au Danemark, CR7 a sifflé son jet privé pour s’envoler vers l’Espagne, avant de rallier sans doute l’Arabie saoudite. Ronaldo parti, les médias lusitaniens se demandent désormais comment va le groupe de Jesus. Est-il triste du départ de sa légende ? Ou est-il soulagé de voir enfin tout ce cirque autour du numéro 7 se terminer ? Pour le moment, aucune réaction en provenance de l’intérieur de l’équipe n’a filtré.

600 000 followers en moins sur les réseaux sociaux
Les seules informations rapportées par la presse portugaise assurent que Ronaldo n’a pas prévenu ses coéquipiers de son départ et ne les a donc pas salués. De son côté, Record va même plus loin en écrivant qu’aucun membre de la direction de la fédération portugaise (FPF) n’a adressé la moindre parole ni transmis le moindre message aux joueurs, qui sont allés se coucher comme si de rien n’était. Lunaire. Les partenaires de Bruno Fernandes vont donc devoir affronter le Danemark dans un contexte pesant, même si, sur le papier, ils ont largement les armes pour se défaire de leurs adversaires. Pour rappel, le Portugal a réussi à battre la Norvège d’Erling Haaland avec Cristiano Ronaldo assis sur le banc de touche.
En coulisses, l’histoire est un peu différente, car Cristiano Ronaldo n’est pas juste un joueur. C’est aussi une icône et surtout une marque. « Ce cas doit être géré par la fédération. Ici, plusieurs questions se posent. On parle du capitaine, on parle de la plus grande marque que l’on a au niveau mondial », confiait João Pedro Oca, journaliste pour CNN Portugal, en direct de Copenhague. Le premier effet visible de cette affaire ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Les comptes de la sélection portugaise sur les réseaux sociaux ont subi une vague de désabonnement. Rien que sur Instagram, le compte de la Seleção a perdu 600 000 followers (suiveurs), passant de 25 millions de fidèles à 24,4 millions (relevé ce jeudi 1er octobre à 16h). Mais ce n’est pas tout, car un très gros problème se confirme pour la fédération lusitanienne.
«Mettez-vous à la place d’un sponsor»
Perdre Ronaldo, c’est aussi dire « adieu à la marque CR7, estimée à 850 M€ », comme l’écrit O Jornal Economico, selon un rapport établi en 2025. Et c’est bien là le problème pour la FPF. Cristian Ronaldo n’apporte plus grand-chose sur le terrain, mais au niveau commercial, le natif de Madère reste la poule aux oeufs d’or. « Ce n’est pas en continuant à utiliser Cristiano Ronaldo – et il faut qu’il s’en rende compte – comme on le faisait il y a 10 ans qu’il va prendre de la valeur. Ce n’est pas une question de minutes passées sur le terrain. Il faut placer la marque Ronaldo, qui vaut très cher, au-dessus du joueur Cristiano Ronaldo, qui ne vaut plus autant. La dernière chose qui nous serait venue à l’esprit, c’est que Cristiano Ronaldo soit écarté de la promotion de l’image du Portugal dans le cadre de la dernière Coupe du Monde. C’est le Portugal qui a le plus à y perdre. Aujourd’hui, la marque vaut bien plus que le joueur. La marque est extrêmement forte. Le joueur, lui, ne l’est plus. Les performances du joueur sur le terrain ne sont pas à la hauteur de la puissance de la marque de Cristiano Ronaldo », a expliqué Carlos Brito, président de l’Ordre des économistes du Nord, au micro de la chaîne RTP.
Un constat partagé par Carlos Coelho, spécialiste des marques, dans les colonnes d’O Jogo. « La marque de la fédération portugaise de football (FPF) s’en trouve considérablement affaiblie. Cet événement inattendu et très mal géré entraîne donc un recul très important en termes de valeur ou de perte de valeur. Ce n’est pas un séisme au sens où cela ferait s’effondrer la sélection nationale. Celle-ci ne va pas cesser d’exister, elle va continuer, elle va jouer et, si Dieu le veut, elle va gagner. Ce n’est pas cela qui est en cause. Ce qui est en cause, c’est la dévalorisation d’une marque. D’un moment à l’autre, elle perd l’un de ses atouts. Il y a des centaines de millions de personnes dans le monde qui regardent le Portugal jouer uniquement à cause de Cristiano Ronaldo. Elles se moquent bien de savoir s’il gagne ou s’il perd. Enfin, mettez-vous à la place d’un sponsor qui a signé un contrat dans l’optique d’associer sa marque à ces atouts. Il a toutes les raisons de dire que les conditions ont changé et d’exiger des réunions, voire d’aller jusqu’à résilier des contrats. L’intérêt des Portugais pour l’équipe nationale peut augmenter, mais le désintérêt du reste du monde va s’accentuer. » Sacré dilemme…
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