Muet hier soir face au Pays de Galles (1-0), Gonçalo Ramos (25 ans) vient d’enchaîner une nouvelle apparition sans marquer. L’attaquant va quand même profiter des trois semaines de la trêve internationale pour respirer un peu. Car en Italie, le pressing des médias commence sérieusement à se faire sentir. Séduisant durant la présaison et buteur dès son deuxième match avec les Rossoneri le 28 août contre Venise (2-0), l’ancien pensionnaire du Paris Saint-Germain suscitait l’engouement de tout un club qui a fait du Portugais la recrue la plus chère de son histoire (74 M€) afin de mettre un terme à la malédiction du numéro 9 qui sévit à Milan.

Un but depuis le 28 août, et c’est tout
Malheureusement pour Ramos, les louanges lombardes ont vite cessé. Après le match de Ligue Europa perdu à San Siro face à Benfica (0-2), les premières critiques ont fusé. La raison est toute simple : après son unique but inscrit contre Venise et sa passe décisive délivrée le week-end dernier face à Lecce (3-0), le numéro 9 rossonero est en panne sèche. Cela ne veut pas dire qu’il ne se donne pas. Bien au contraire. Avec 57 km parcourus (environ 11,5 km par match), le Portugais est le joueur de l’AC Milan et l’attaquant de Serie A qui a le plus couru lors des cinq dernières journées de championnat. Mais ce matin, la Gazzetta dello Sport lui a gentiment rappelé qu’il n’avait pas été recruté à prix d’or pour courir plus que les autres.
« Courir ne suffit plus. Ramos bat le record de kilomètres, mais Milan a besoin de buts. Il est premier en termes de distance parcourue, mais il n’a pas tiré au but depuis quatre matchs et son dernier but remonte à celui marqué contre Venise (28 août). L’avant-centre du nouveau Milan, voué à l’attaque, ne fait même pas acte de présence dans la surface de réparation. Il court, se bat, dispute des duels et joue en relais, mais où sont passés les buts ? » Le quotidien au papier rose tape sur le rendement de Ramos, mais prend le temps de nuancer ses propos. Certes, le Lusitanien ne marque plus, mais c’est aussi parce que son équipe ne l’aide pas vraiment. Joueur au sens collectif très développé, Ramos paie concrètement son altruiste et n’est pas mis dans de bonnes conditions pour faire trembler les filets.
«On ne peut certainement pas le qualifier de joueur de haut niveau»
Le journal italien indique en effet que Ramos ne touche que 9% de ses ballons dans la surface de réparation adverse quand les autres buteurs de Serie A comme Lautaro Martinez (20%) ou Donyell Malen (29%) affichent des pourcentages bien plus élevés. Un sens du sacrifice qui ne paie pas. « Ramos échange des ballons avec ses coéquipiers dans les autres zones du terrain et court même pour couvrir en défense : tant de sacrifices au service des autres qui ne lui sont finalement pas rendus. » Ruben Amorim trouvera-t-il la solution pour faire enfin briller son attaquant vedette ? Habitué à faire trembler les filets de Serie A au début des années 2000 (17 buts en 40 matches avec l’AC Milan, 45 en 116 avec l’Inter, 48 en 73 avec la Lazio et 7 en 21 avec le Genoa), Hernan Crespo (51 ans) a donné son avis sur la question. Et pour l’ancien international argentin, Ramos ne peut pas (encore) être considéré comme une référence mondiale à son poste.
« Je peux dire que je connais Gonçalo Ramos, que c’est un bon joueur, un excellent avant-centre et qu’il finira bien par marquer des buts, tôt ou tard. Bien sûr, vu la somme dépensée pour son transfert, les supporters s’attendaient à un buteur hors pair, mais le Portugais n’a jamais été un tireur d’élite infaillible. Allez voir les statistiques de sa carrière et vous y trouverez toutes les réponses que vous cherchez. Au cours des trois dernières saisons au PSG, Ramos a inscrit 53 buts en 131 matchs. Cela signifie qu’il n’affiche pas une moyenne stratosphérique : pas même un but tous les deux matchs. De plus, bien qu’il ait toujours apporté une contribution appréciable, il n’a jamais été un titulaire indiscutable de Luis Enrique au sein de l’équipe double championne d’Europe. Un excellent élément, certes, mais on ne peut certainement pas le qualifier de joueur de haut niveau. » Gonçalo Ramos fera-t-il mentir Crespo ?
Milan
Sergio Ramos
Todos os comentários