Le Bayern Munich pensait avoir fait le plus dur, mais il a finalement vécu une soirée particulièrement frustrante en Ligue des Champions. Opposés aux Norvégiens du Viking Stavanger, pourtant largement donnés perdants avant la rencontre, les hommes de Vincent Kompany ont été surpris dès la deuxième minute et ont même rejoint les vestiaires avec deux buts de retard. Menés 2-0, les Bavarois ont néanmoins trouvé les ressources nécessaires pour renverser la situation après la pause. Grâce à un triple changement et à une réaction collective beaucoup plus convaincante, le Bayern a inscrit trois buts entre la 54e et la 71e minute, prenant ainsi les commandes d’une rencontre qui semblait enfin tourner en sa faveur. Harry Kane et ses partenaires pouvaient alors envisager une victoire précieuse, malgré un début de match inquiétant.

Mais cette remontée spectaculaire a été gâchée par un événement qui a complètement relancé les débats. Michael Olise a perdu ses nerfs au pire moment possible. Déjà averti pour avoir retenu le maillot d’Askildsen, l’international français a ensuite envoyé le ballon au visage de Zlatko Tripic, le capitaine adverse, venu le provoquer. Sous les yeux de l’arbitre, cette réaction lui a valu un deuxième carton jaune synonyme d’expulsion. Réduits à dix, les Allemands ont immédiatement reculé et fini par concéder l’égalisation à (3-3). Deux points envolés, une victoire qui leur tendait les bras et une suspension pour la réception d’Arsenal le 21 octobre. Le bilan est particulièrement lourd pour le Bayern, qui a surtout vu une rencontre presque maîtrisée lui échapper à la suite d’un geste d’énervement évitable.
Forcément, le coup de sang du Français a rapidement suscité des réactions au sein du club bavarois. Vincent Kompany n’a pas cherché à minimiser la gravité de la situation, même s’il a tenu à rappeler que son joueur avait immédiatement compris son erreur. « Oui, mais il le sait que c’est une réaction stupide. Le numéro 10 a été plus malin que toi. On ne peut pas toujours être le plus malin. Sur le terrain, quand on est aussi bon, tellement meilleur que l’adversaire, parfois il suffit d’être meilleur et de ne pas toujours provoquer des situations inutiles. Je l’ai dit très clairement à Michael. Je ne peux rien changer maintenant. J’espère qu’il en a tiré une leçon». Harry Kane a également livré une analyse sans détour au micro de Canal+. « Je n’ai pas vu la faute du premier carton jaune mais il a lancé le ballon sur le visage de l’adversaire, c’est un jaune mérité. C’est une grosse erreur. C’est un coup dur pour Michael, mais aussi pour l’équipe. Tout le monde fait des erreurs mais il faut aller de l’avant et se préparer pour le prochain match». Pourtant, le Français n’a pas été unanimement condamné en Allemagne. Plusieurs observateurs ont rappelé le contexte de cette séquence et le rôle joué par Tripic dans la provocation. Certains ont ainsi choisi de défendre le joueur du Bayern, ou au moins d’expliquer comment un élément aussi talentueux avait pu perdre son sang-froid dans un moment aussi important.
L’Allemagne n’est pas d’accord
C’est notamment le cas de Christoph Kramer, champion du monde 2014 avec l’Allemagne et consultant pour Prime Video, qui a fait preuve de davantage de compréhension envers le Français. Sans nier la responsabilité du joueur, l’ancien milieu de terrain a insisté sur la dimension psychologique de l’incident et sur la capacité de certains adversaires à faire sortir leurs opposants de leur match. « Bon, il est inutile de discuter du fait que cela ne devrait pas se produire. Mais, bon, dans des situations comme celle-ci… » a-t-il d’abord expliqué, avant de développer son raisonnement. « Alors Tripic, vous savez, il la cherchait. Nous sommes tous footballeurs professionnels, et ça ne devrait pas arriver. Je dis juste que ça se joue en une fraction de seconde, et que tout le monde est humain et le ressent de la même façon. » Pour Kramer, le capitaine norvégien a parfaitement joué son coup en exploitant l’agacement de son adversaire. « Je me suis dit que ça m’aurait fait pareil. Parce qu’il a aussi une expression comme ça sur le visage, un truc pas très joli, qui te fait penser "Waouh, mec, tu m’énerves vraiment là". Il a craqué» L’ancien international allemand estime ainsi que le comportement de Tripic a contribué à faire monter la tension au fil de la rencontre. Cette lecture ne revient pas à exonérer le Français, dont le geste reste difficilement défendable au regard des circonstances et de son expérience. Elle rappelle néanmoins une réalité bien connue du football de haut niveau, où les provocations font partie des armes utilisées pour déstabiliser les joueurs les plus influents. Et sur cette séquence, le capitaine des Vikings a manifestement obtenu ce qu’il recherchait.
Kramer est même allé plus loin en décrivant ce qu’il a perçu au moment où Olise a commis son geste. « Même au moment où le ballon quitte sa main, il sait qu’il n’aurait pas dû le faire. Mais il était tellement agaçant, et il avait un regard vraiment provocateur. C’est pourquoi, cela n’aurait absolument pas dû arriver, à 100 %, mais je comprends parfaitement Olise dans cette situation». Le Français a commis une faute évitable, mais son comportement n’est pas analysé uniquement sous l’angle disciplinaire par une partie des observateurs allemands. Le directeur sportif du Bayern, Max Eberl, n’a pas hésité à prendre publiquement la défense de son joueur en s’en prenant directement au capitaine norvégien. « Zlatko Tripić a joué comme un salaud. Il voulait gagner le match. Nous sommes tombés dans sa provocation et il a obtenu ce qu’il voulait en se faisant expulser un de nos joueurs », a-t-il lâché. Une sortie particulièrement virulente qui témoigne de la frustration munichoise, mais aussi de la volonté du club de ne pas faire porter l’intégralité de la responsabilité à Olise. Eberl reconnaît toutefois que le Bayern a mordu à l’hameçon et que Stavanger a parfaitement exploité la situation. La polémique prend ainsi une autre dimension, puisque les critiques adressées au Français par Kompany et Kane cohabitent désormais avec les arguments de Kramer et la colère du directeur sportif.
Au lieu de se limiter à une simple faute de comportement, l’incident est devenu un sujet de discorde autour de la responsabilité du joueur, du rôle des provocations adverses et de la manière dont un club doit réagir après un tel scénario. Reste désormais à savoir si cette affaire aura des conséquences supplémentaires pour Michael Olise, au-delà de sa suspension en Ligue des Champions. Son absence face à Arsenal représente déjà un handicap sportif considérable pour le Bayern, qui devra se passer de l’un de ses joueurs les plus créatifs lors d’un rendez-vous européen majeur. La question d’une éventuelle sanction financière a d’ailleurs été posée à Max Eberl après le match. Le dirigeant n’a pas fermé la porte à cette possibilité, tout en refusant de prendre une décision dans la précipitation. « Nous en discuterons calmement », a-t-il simplement répondu. Une déclaration qui laisse planer le doute sur la suite réservée à l’international français, sans pour autant annoncer une punition imminente. Le Bayern doit désormais gérer les conséquences sportives de cette soirée, mais également les tensions suscitées par un incident qui a profondément changé le visage de la rencontre. Au final, le Bayern a perdu deux points qu’il pensait avoir sécurisés et s’est privé de son numéro 17 pour un choc européen important. Le débat autour de son expulsion montre que le club munichois n’entend pas le laisser seul face aux critiques.
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