Mardi, le Racing Club de Lens a surpris tout le monde. Vers midi, plusieurs médias ont annoncé que les Nordistes allaient se séparer de leur entraîneur Dino Toppmöller. Un technicien arrivé le 16 juin dernier pour prendre la succession de Pierre Sage, parti prendre les commandes de Crystal Palace après une belle année chez les Sang-et-Or. De son côté, l’Allemand de 45 ans a signé un bail de deux ans à Lens, où il comptait poursuivre le travail entamé par son prédécesseur tout en posant sa patte sur le groupe. Les choses avaient d’ailleurs plutôt bien commencé avec une victoire de prestige face au Paris Saint-Germain lors du Trophée des Champions. Ses troupes ont continué sur cette lancée en atomisant Auxerre lors de la 1ère journée de Ligue 1 (5-2).

Puis, les choses se sont un peu gâtées avec 2 défaites (Strasbourg, Lorient) et 1 nul (Le Mans) en championnat. Malgré tout, le RCL avait réussi à bien lancer sa campagne en Ligue des Champions en s’imposant jeudi dernier face au Slavia Prague sur le score de 3 à 2. Quelques jours plus tard, Toppmöller n’est plus l’entraîneur du club français. Rapidement, la presse allemande a dévoilé la raison de ce départ surprise. Cela n’aurait rien à voir avec les résultats. Tout serait parti de la mise à pied par Lens de Nelson Morgado, l’un des adjoints du coach allemand avec lequel il travaille depuis 2017. « Morgado dérangeait certains membres du club, notamment les collaborateurs français du staff technique. Il leur demandait plus d’engagement et plus de passion. Cela n’a pas été bien perçu et lui a coûté son poste », a expliqué Bild.
Un départ inattendu
Cette décision n’est pas du tout passée et le divorce a été acté entre le technicien allemand et l’écurie française. En France, la version diverge quelque peu. Nous vous avons d’ailleurs expliqué sur notre site qu’au-delà de la déception sportive, la greffe n’a pas vraiment prise avec une partie du vestiaire. Toppmöller aurait eu quelques désaccords notamment sur sa tactique ou ses choix avec certains cadres du groupe lensois. La mayonnaise n’a visiblement pas pris entre le coach et le club, qui a officialisé son départ quelques heures plus tard par le biais d’un communiqué de presse dans lequel il est précisé que les deux parties se quittent d’un commun accord. Lens a même précisé qu’il a «accepté de renoncer à une partie substantielle de ses indemnités contractuelles». L’histoire d’amour n’aura donc duré que 3 mois.
De l’autre côté du Rhin, cette nouvelle a forcément étonné, comme ici d’ailleurs. Mais elle fait aussi beaucoup parler. «D’abord encensé, puis limogé. Un scénario courant dans le football, surtout pour les entraîneurs. Mais ce que vit Dino Toppmöller (45 ans) à son club actuel, le RC Lens, est probablement sans précédent. Il doit quitter le club français moins de trois mois après sa prise de fonction. Et non pas à cause de mauvais résultats sur le terrain», a écrit Bild avant de défendre le coach. «Que s’est-il passé ? Toppmöller et Lens ont réalisé un excellent début de saison. Dès leur premier match officiel, ils ont décroché leur premier titre : une victoire 1-0 face au Paris Saint-Germain. Leur campagne en Ligue des Champions a également démarré sur les chapeaux de roue. Après leur victoire 3-2 à Prague contre le Slavia jeudi dernier, le président du club, Joseph Oughourlian, a appelé Toppmöller le soir même pour le féliciter chaleureusement.»
La presse allemande est très surprise
Bild poursuit : «le début de saison en championnat n’a pas été particulièrement palpitant : 4 matches, 4 points, 10e place. Mais les supporters ont tout de même fêté leur équipe et leur entraîneur après le match nul 2-2 au Mans, car chacun sait que Toppmöller doit actuellement se passer de six titulaires habituels, blessés ou encore en convalescence. L’ancien entraîneur de l’Eintracht ne se plaint pas ; au contraire, il tire le meilleur parti d’un effectif talentueux. Mais un incident majeur a éclaté (…) Toppmöller s’est opposé au licenciement de Morgado, arguant qu’il s’agissait d’une ingérence directe du club dans son domaine de responsabilité – une situation qu’il jugeait très inhabituelle et inacceptable, notamment par loyauté envers Morgado. Résultat : Lens a également licencié Toppmöller.»
Une situation totalement folle qui choque en Allemagne. Kicker s’est aussi emparé du sujet. «L’aventure de Dino Toppmöller à Lens s’est déjà terminée après seulement quelques semaines. Le club l’a confirmé officiellement mardi soir. Cette décision surprend au premier abord, car le bilan de l’entraîneur allemand est plutôt équilibré. Mais les raisons sportives n’ont absolument pas été le facteur déterminant. L’adjoint de longue date de Toppmöller, Nelson Morgado, aurait eu des différends avec le club, et Lens souhaitait se séparer de l’homme de 39 ans. Toppmöller n’a apparemment pas accepté cette ingérence dans ses affaires et, par loyauté envers son adjoint, il doit désormais lui aussi quitter le club.» Sky Germany en a aussi parlé.
Une gestion lensoise incomprise
«Lorsque le club a voulu licencier son collaborateur de longue date, Nelson Morgado, l’Allemand a pris la défense de son confident. Pour l’ancien entraîneur de Francfort, cette décision était inacceptable. L’Allemand n’avait emmené avec lui en France que deux de ses adjoints et avait accepté que le club confie les autres postes d’encadrement. Or, selon lui, le club voulait s’immiscer dans un domaine relevant de la responsabilité de l’entraîneur principal. Toppmöller a lui aussi été limogé. Une décision surprenante. Après tout, malgré un début de saison mitigé, l’Allemand jouissait d’un grand respect au sein de l’équipe et avait récemment insufflé une dynamique positive sur le terrain.» Die Welt est tout aussi surpris.
«Il était adulé – et maintenant limogé. Rien d’inhabituel dans le football, surtout pour les entraîneurs. Mais ce qu’a vécu Dino Toppmöller à son club actuel, le RC Lens, est probablement sans précédent. Moins de trois mois après sa prise de fonction, il est déjà sur le départ par le club français, selon les informations. Et non pas à cause de mauvais résultats.» Journaliste pour Fussball Transfers, Tobias Feldhoff est aussi très étonné par la gestion de ce dossier. «Cela arrive vraiment à l’improviste pour tous les fans allemands. Bien sûr, le début de saison n’a pas été phénoménal, mais d’autres raisons que les résultats ont motivé cette décision.» Lens va désormais avancer sans Dino Toppmöller, qui n’a pas passé l’été et qui se retrouve déjà libre. Une situation qu’il n’avait pas imaginée.
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