« Je mérite le Ballon d’Or » par-ci, « j’ai fait ce qu’il fallait pour prétendre au Ballon d’Or » par-là, les candidats au plus prestigieux trophée individuel de la planète football ont lancé de véritables campagnes médiatiques d’ampleur, où l’humilité n’est pas le maître mot. Plus ouvert que jamais, ce scrutin 2026 donne l’impression à plusieurs joueurs d’avoir leur chance, de Yamal à Mbappé en passant par Kvaratskhelia, Kane et Dembélé. Soutenus par leurs clubs, leurs coéquipiers, ils ne cessent de mettre en avant leurs accomplissements, assurant chacun de leur côté qu’ils remplissent à merveille les conditions nécessaires pour glaner le trophée.

Un emballement médiatique inédit
Ces conditions, rappelons-le encore s’il est nécessaire, sont au nombre de 3, dans un ordre bien précis. 1. Performances individuelles, caractère décisif et impressionnant. 2. Performances collectives et palmarès. 3. Classe et fair-play. En se mettant systématiquement en avant, certains d’entre eux ne respectent pas forcément le troisième point, mais passons. Le plus important étant de convaincre les 100 membres du jury, un journaliste par pays (qui sont les 100 premiers pays au classement FIFA). Eux sont-ils sensibles aux arguments avancés par les différents candidats ?
Le journal Le Parisien a contacté plusieurs jurés, pas vraiment disposés à s’exposer médiatiquement. Le juré représentant l’Algérie, Yazid Ouahib, a accepté d’évoquer cette drôle de course au Ballon d’Or 2026. « Je suis juré depuis 2007 et je dois dire que depuis deux ans, on assiste à des campagnes qu’on n’avait jamais vues avant. Toutes ces interviews, tous ces commentaires, ce sont des distractions qui n’influencent pas ma voix. Ça s’emballe mais ça ne change rien. On suit ces péripéties de loin. Je ne peux pas parler à la place de mes collègues mais je pense que tout cela ne devrait pas influer sur leurs votes. Après, chacun sa conscience. »
Une stratégie contre-productive ?
Son homologue suédois, Anders Bengtsson, a lui aussi assuré qu’il n’était pas influencé par les déclarations redondantes des favoris. « Ces campagnes n’ont absolument aucune influence sur moi. Il n’est pas impossible que cela influence certains votants. Si j’hésitais entre deux joueurs, certaines statistiques ou certains arguments pourraient faire pencher la balance. Mais cela n’arriverait que si je n’avais pas pris le temps de bien réfléchir avant de soumettre mes votes. » L’ancien directeur de la rédaction de France Football, Pascal Ferré, qui a voté durant 7 ans au nom de la France, a également mis à mal la stratégie de communication employée depuis plusieurs jours.
« Les jurés ne sont pas des lapins de trois semaines. Ils ont une expérience et une conscience qui leur permettent de juger, de jauger un joueur sans avoir besoin d’entendre dix ou quinze fois qu’il est le meilleur. Quand je dis qu’un Ballon d’or peut se perdre sur le terrain de la communication, c’est quand il occupe l’espace de manière maladroite et donne au juré le sentiment qu’on veut lui forcer un peu la main. Ce ramdam que certains orchestrent peut finir par agacer les votants. Parce que la ficelle est grosse », a-t-il assuré. Hier, nous vous relations que les bookmakers avaient diminué les chances de Mbappé et Yamal, les plus prolixes sur la scène médiatiques, au profit d’un Harry Kane plus discret.
Бавария Мюнхен
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