Sur les 11 joueurs manceaux titulaires face à Lens le 13 septembre (2-2), 10 d’entre eux évoluaient encore en National 1 il y a 18 mois. La révélation mancelle Adil Bourabaa n’était pas conservée par Troyes à l’issue d’une saison en réserve tandis que Noa Boissé jouait avec le groupe post-formation du Mans. Louis Mafouta faisait presque figure d’exception, lui qui évoluait en Ligue 2 avec Amiens après avoir brièvement goûté à la Ligue 1 avec Metz. Mais alors comment expliquer que Le Mans, 9e après cinq journées, bouscule la Ligue 1 avec un effectif, sur le papier, bien moins armé que ceux de ses adversaires pour le moment ?

«J’ai dit aux joueurs qu’on se devait de regarder tous les adversaires dans les yeux, avec le dos bien droit mais avec beaucoup d’humilité, indiquait Patrick Videira à notre micro après la réception de Lens. On sait très bien qu’on rencontre des adversaires incroyables avec un temps d’avance. C’est à nous de pouvoir rattraper ce temps de retard. Comptez sur nous pour garder cet état d’esprit parce qu’il est essentiel et c’est un peu notre ADN. On n’a pas envie de changer. Il y a une équipe championne d’Europe (le PSG) qui, à un moment donné, a changé certaines choses en ciblant le collectif et l’état d’esprit. Je pense que c’est la clé de la réussite si on a envie de réussir au plus haut niveau.»
Un football sans complexe, et la conviction d’avoir le niveau
Depuis son arrivée au Mans à l’été 2024, l’ancien coach de Furiani a su faire naître chez ses joueurs la conviction qu’ils avaient le niveau pour rivaliser avec les équipes de leur championnat. La saison dernière, 3/4 de l’effectif sarthois découvrait la Ligue 2 quand le club affichait le quatrième plus petit budget de la division. Cela n’a pas empêché Le Mans de terminer deuxième, au nez et à la barbe de l’ASSE. Sans se laisser impressionner par l’exigence de l’élite, Patrick Videira continue de s’appuyer en L1 sur la même ossature, renforcée cet été par quelques ajouts de qualité (Djibril Sidibé, Habib Diallo, Louis Mafouta…). Harold Voyer, formé au PSG et arrivé au Mans en 2022 quand le club évoluait encore en troisième division, est le parfait reflet de la vision de son entraîneur.
«Non, on n’est pas satisfait, objectait le défenseur manceau après le match nul frustrant face à Lens, malgré la différence de statuts entre les deux clubs. On a les boules. Il ne faut pas regarder comme ça, sinon on va se dire face à chaque adversaire : "bon, un match nul c’est très bien vu qu’on est Le Mans et qu’on est la petite équipe". On aurait dû repartir avec les trois points et concrétiser notre travail.» Après avoir été proches d’accrocher un point à Rennes (3-2), puis de battre Nice (1-1) et Lens (2-2), les Manceaux ont été récompensés en battant Lorient avant la trêve. Fidèles à leurs habitudes, ils ont abordé cette rencontre sans complexes, mais avec caractère, et surtout avec l’ambition d’imposer des choses à leur adversaire. Une formule souvent répétée par Patrick Videira : «je pense qu’on a plus de probabilités de gagner les matchs quand on a envie d’imposer des choses à l’adversaire, c’est ma vision », confiait-il récemment. Un football protagoniste, que Patrick Videira espère bien exporter jusqu’au Parc des Princes après la trêve. Les Sang et Or croiseront la route du Paris Saint-Germain, un club cher à leur entraîneur, formé là-bas il y a plus de trente ans.
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