Revenu au Real Madrid treize ans après son départ de la capitale espagnole, José Mourinho a été chargé de remettre de l’ordre dans la maison blanche. À 63 ans, le Portugais a débarqué en se présentant comme un homme nouveau. Forcément, l’âge n’est plus le même et le Special One a treize ans d’expérience en plus. Sur le terrain, en revanche, le nouvel homme fort des Merengues n’a pas franchement révolutionné l’affaire. Le Real Madrid est quatrième du classement et compte déjà six longueurs de retard sur le FC Barcelone. En termes de jeu, rien de bien nouveau à signaler. Le collectif merengue a volé en éclat dès son premier grand rendez-vous (contre l’Atlético) et les stars de l’équipe ne se sont pas (encore ?) réveillées après deux saisons blanches.

Mais si Florentino Pérez a choisi de rappeler Mourinho, c’est parce que le Lusitanien reste un formidable meneur d’hommes, à défaut d’avoir énormément garni son armoire à trophées ces dernières années. C’est d’ailleurs sur cet aspect que le programme « Bet it drive show : une balade à Madrid avec Yevhen Krazhan » a interviewé l’entraîneur madrilène. Et ce dernier en a profité pour prodiguer des conseils aux jeunes joueurs. À l’heure où la vie de footballeur dans un grand club peut faire perdre la tête à de nombreux jeunes, Mourinho explique que ce métier n’est pas à prendre… comme un métier.
Mourinho pousse ses joueurss à enfreindre certaines règles
« Tu es footballeur 24 heures sur 24. C’est aussi ça le problème. Tu t’entraînes deux ou trois heures par jour, mais tu es footballeur 24 heures sur 24. Tout a donc une incidence sur ton travail : ce que tu manges quand tu n’es pas au club, ce que tu bois, comment tu dors, et même certains aspects de ta vie privée. Malheureusement, un footballeur ne peut ni faire du ski ni du vélo. S’il le fait… Le contrat m’importe peu. Ce qui m’importe, c’est la façon dont tu abordes ton travail. Si tu tombes de vélo, tu risques de manquer trois matchs, voire pire : tu peux te casser une jambe ou subir une contusion qui t’empêchera de donner le meilleur de toi-même. Tu as un groupe d’amis, tu es jeune, célibataire, tu as 22 ou 23 ans. Tes amis sortent en boîte les mercredis, jeudis et vendredis soirs, mais tu ne peux pas y aller. Tu ne peux sortir que le soir suivant le match, à condition de ne pas avoir d’autre rencontre dans les trois jours, ce qui peut arriver. Il y a beaucoup de choses auxquelles il faut renoncer pour devenir footballeur. Mais, au final, la carrière est courte. Quand on atteint 35 ans, plus ou moins, il reste encore de nombreuses années pour profiter de la vie autrement. Mais le football, au fond, ce n’est pas un métier, c’est un mode de vie. Si tu le considères comme un simple passe-temps, tu es fichu. Si tu ne te considères comme footballeur que pendant quelques heures par jour, tu n’atteindras jamais le sommet », a-t-il confié, avant d’évoquer un autre aspect important de son management : le respect de certaines règles.
« Il y a des règles et des règles. Certaines sont non négociables. Et d’autres que j’adore voir les joueurs enfreindre. Je m’explique : si l’on doit se présenter à neuf heures pile, c’est à neuf heures pour tout le monde. Et si vous arrivez à 9 h 15, même si vous êtes une superstar, ce n’est tout simplement pas acceptable. Je n’accepte pas, je ne tolère pas que cette règle si simple soit enfreinte. Mais pendant le match, si un joueur — grâce à son talent, à sa créativité ou à son intuition — enfreint la règle et prend le risque d’essayer quelque chose de différent, c’est OK, ça m’arrive aussi. Je prépare le match avec mes assistants et mes analystes. Nous essayons de réduire au maximum l’imprévisibilité du jeu. J’essaie d’établir un plan : « bon, ça va se passer comme ça. Si on mène, je ferai ceci ; si on est menés, je ferai cela. » Mais, une fois le match lancé, je ne pense ni aux analystes ni aux assistants. J’ai simplement une intuition et j’agis en conséquence. Et si, au final, le résultat n’est pas celui que j’espérais, je ne m’en veux pas, car je l’ai fait pour l’équipe. Je l’ai fait parce que je sentais que c’était la meilleure chose à faire. Ainsi, lorsque les règles sont ainsi transgressées — disons, en prenant un peu de risque par rapport à la structure ou à l’idée initiale — et que l’on agit guidé par une intuition… on a parfois même l’impression d’avoir reçu une inspiration divine. Ça m’est déjà arrivé. Après le match, je me mets à réfléchir à ce que j’ai fait, et quand le résultat est extraordinaire, on se dit : « tiens, c’est Lui qui m’a poussé à le faire. » C’est pourquoi je fais encore plus confiance au joueur qui est sur le terrain. Donc, pour moi, les règles — les règles non négociables — se trouvent en dehors du terrain. Sur le terrain, il faut enfreindre les règles. » Le message est passé.
Реал Мадрид
Жозе Моуринью
Все комментарии