Ça commence parfaitement pour Rayan Cherki sous Zinédine Zidane. Quelques semaines seulement après une Coupe du Monde 2026 particulièrement décevante, le milieu offensif a livré une prestation pleine de promesses face à la Turquie (0-1), ce vendredi soir, pour la première de l’ancien numéro 10 sur le banc des Bleus. Durant le Mondial, le joueur de Manchester City avait enchaîné plusieurs entrées en jeu sans parvenir à réellement peser, souvent dans un 4-2-3-1 et notamment à la place d’Ousmane Dembélé. Sans le moindre but inscrit aux États-Unis et après une première période très compliquée lors de la petite finale contre l’Angleterre, Cherki avait alors laissé une impression mitigée, au point de rendre son avenir en sélection un peu moins évident. Le changement de sélectionneur semble toutefois lui offrir une nouvelle opportunité.

Zidane lui a d’ailleurs immédiatement confié un rôle bien différent. Nouveau numéro 9 des Bleus après le choix de ne pas convoquer Marcus Thuram, Cherki a surtout évolué dans un 4-3-3, au sein d’un milieu à trois composé d’Adrien Rabiot, de Manu Koné et de lui-même. Positionné à droite, légèrement plus haut que Rabiot, le Citizen n’a donc pas occupé le poste de numéro 10 classique que beaucoup imaginaient dans le système de Zidane. Il devait respecter sa zone, participer aux efforts défensifs et assurer l’équilibre. Une animation qui lui a demandé davantage de travail sans ballon, mais qui lui a aussi permis de rester au cœur du jeu et de faire le lien entre le milieu et les joueurs offensifs.
Rayan Cherki considéré comme un milieu de terrain
C’est justement dans cette activité que Cherki s’est particulièrement distingué. Il a récupéré plusieurs ballons au milieu après les dégagements provoqués par le pressing français, remporté des duels et beaucoup combiné avec Jules Koundé et Michael Olise dans le couloir droit. Il n’a pas hésité non plus à décrocher pour participer à la construction, tout en évitant de venir empiéter dans la zone de Manu Koné. Son influence s’est surtout accentuée en fin de première période, avec une quasi-passe décisive pour Ousmane Dembélé à la 37e minute, avant de voir l’attaquant lui rendre la pareille quelques minutes plus tard. Servi par Dembélé, Cherki a alors vu sa frappe être contrée in extremis par Demiral (41e). Il a également offert une situation intéressante à Rabiot juste avant la pause. Sa seconde période a été plus discrète, marquée notamment par une faute évitable devant sa surface, mais aussi par un bon décalage pour Koundé à la 68e minute.
Cette prestation correspond en grande partie à ce que Zinédine Zidane attendait de lui. Après la rencontre, le sélectionneur a notamment insisté sur l’importance de son travail sans ballon et de son positionnement au sein du milieu : « il a été bon avec le ballon, mais on sait ce qu’il est capable de faire. Sans le ballon aussi, il a été bon, car il s’est rapproché de la ligne avec ses deux copains (Rabiot, Koné). Il a récupéré le ballon entre les lignes, il a fait son match. C’est ce qu’on voulait avec Michael et Kylian sur les côtés », a témoigné Zidane au micro de TF1 sur le plateau de l’après-match. Une description qui résume assez précisément la mission confiée à Cherki pour cette première sortie : être créatif, mais également capable de défendre et de maintenir l’équilibre collectif.
Rayan Cherki envoie un message fort à ZZ
Cette nouvelle utilisation ne fait toutefois pas totalement l’unanimité. Ancien Lyonnais comme Cherki et désormais consultant pour Canal+, Sidney Govou estime que cette animation ne bouleverse pas fondamentalement le fonctionnement offensif des Bleus, tout en soulignant les limites du rôle demandé au joueur de Manchester City : « cela ne change en effet pas grand-chose dans l’animation. Mais le fait que Rayan doive effectuer un peu plus d’efforts défensifs lui fait perdre un peu de lucidité. Il a eu tendance à revenir chercher les ballons un peu trop bas, alors qu’il doit être le dépositaire du jeu pour le faire avancer davantage, plus haut et vers l’avant. Le souci du quatuor offensif initial (Cherki-Olise-Dembélé-Mbappé), c’est qu’ils demandent à tous beaucoup le ballon dans les pieds, même Kylian. Et on a vu avec l’entrée de Bradley Barcola, tout ce que son profil différent pouvait apporter dans la percussion et la profondeur ». Malgré cette réserve, les chiffres témoignent de l’investissement de Cherki : deux occasions créées, 68 passes réussies sur 74 et quatre fautes concédées avant son remplacement par Eduardo Camavinga à la 78e minute.
Pour une première sous Zidane dans un rôle inédit, le bilan reste donc particulièrement intéressant. Le plus important n’est peut-être pas seulement ce que Cherki a produit avec le ballon, mais la manière dont il a accepté les contraintes liées à ce nouveau positionnement. Lui-même a surtout retenu la portée symbolique de cette soirée et les débuts de son nouveau sélectionneur : « c’est un pur plaisir. On connaît son passé de joueur et d’entraîneur, on avait à cœur de commencer cette nouvelle aventure avec une victoire. C’est vraiment bon à prendre parce que le match n’était vraiment pas facile au vu des circonstances. Cette victoire, elle est pour lui. Tout est nouveau pour nous comme pour lui, on est très heureux, on donne le maximum sur le terrain, c’est le plus important. » Une première réponse convaincante, donc, après un Mondial manqué, et surtout les prémices d’une place différente dans la hiérarchie de Zidane.
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