À 50 ans, Patrick Vieira s’est lancé un nouveau défi. Celui de diriger l’équipe nationale du Sénégal. Après quelques semaines d’attente, la Fédération sénégalaise de football a officialisé son arrivée le 18 août dernier, en lieu et place de Pape Thiaw. «À l’issue des délibérations, le Comité d’Urgence a entériné, à l’unanimité de ses membres, la nomination de Monsieur Patrick Vieira au poste de Sélectionneur de l’Équipe Nationale « A » du Sénégal. Ce choix stratégique marque une nouvelle étape dans la volonté de la FSF de mettre en place un encadrement technique de haut niveau, en parfaite adéquation avec les ambitions sportives de notre pays», pouvait-on lire sur le communiqué de presse. Un mois plus tard, l’ancien entraîneur de Nice a dévoilé sa première liste pour le rassemblement de septembre-octobre 2026.

Le Sénégal n’a pas perdu avec Vieira
Il a notamment fait appel à 29 joueurs dont Malang Sarr, sélectionné pour la première fois. La star de l’équipe, Sadio Mané, elle, manque à l’appel en raison d’un pépin physique. Au pays, la presse évoque une blessure diplomatique. Quoi qu’il en soit, l’ancien de Liverpool sera là lors du prochain rassemblement. Vieira en a fait la promesse. Cela lui laissera le temps de prononcer correctement son nom et son prénom puisqu’il l’avait écorché en l’appelant Manio Sané. Une petite erreur qui a fait plus rire qu’autre chose au Sénégal. En revanche, certaines voix se sont élevées, notamment chez les supporters, lors de la nomination de son staff. L’absence d’El-Hadji Diouf a fait grincer quelques dents. Mais le technicien français a tranché et fait ses choix, lui qui a fait appel à Lamine Diatta.
Le 25 septembre, il a dirigé son premier match face au Mozambique. Une rencontre comptant pour les éliminatoires à la CAN 2027. Si la première période a été séduisante, la deuxième a été beaucoup moins aboutie. Les Lions de la Teranga n’ont pas pu faire mieux qu’un match nul (1-1). Le 29 septembre, les Sénégalais ont enchaîné face à l’Éthiopie. Si la victoire a été cette fois-ci au rendez-vous (1-0), le contenu a de nouveau été globalement décevant aux yeux de la presse locale. «Les Lions de Patrick Vieira s’imposent péniblement en Éthiopie», titre Wiwisport, qui a ajouté que les Sénégalais ont joué «à côté de leurs pompes». Le média sportif en a ensuite remis une couche dans l’article.
Mais le contenu n’est pas bon
«Alors que l’on pensait l’ouverture du score allait permettre de mieux dérouler leur jeu, les Lions tombèrent alors dans un faux rythme et un inquiétant trou noir collectif. Bien que volontaires et désireux de mettre du rythme, les joueurs sénégalais se mirent à jouer à la baballe devant le bloc éthiopien, ratant presque toutes leurs transmissions et perdant beaucoup trop la balle au milieu. Sur la pelouse du Bahir Dar Stadium, les Éthiopiens ont décidé de mettre de l’intensité, poussant les Sénégalais à commettre plusieurs erreurs techniques. Mais même fébriles, les Lions ont évité l’égalisation, notamment sur une grosse opportunité de Fikru juste avant la pause (45e+1). Passés tout près de concéder l’égalisation en fin d’une première période beaucoup trop laborieuse, les Lions n’ont rien changé de leur jeu. C’est tout le contraire. La seconde période a été davantage compliquée avec une équipe sénégalaise impossible à utiliser le ballon à bon escient.»
Wiwisport poursuit : «en Éthiopie, l’Équipe Nationale du Sénégal a tout simplement assuré le minimum syndical mais continue sans prouver que la nomination de coach Patrick Vieira lui est profitable. En clair, il faudra aux Lions être dix fois plus forts et organisés, lors de la prochaine trêve internationale, en novembre prochain, pour chasser les doutes qui grandissent de plus en plus et le sentiment de gêne né d’une Coupe du Monde 2026 pénible.» Hormi Nicolas Jackson et Ibrahim Mbaye, qui trouvent grâce aux yeux du média, le «collectif défaillant» du Sénégal est pointé du doigt. Senenews n’est pas non plus emballé par les débuts du nouveau coach. «Le Sénégal gagne difficilement face à l’Éthiopie grâce à Ibrahim Mbaye», écrit la publication sénégalaise, qui tire des premiers enseignements de l’ère Vieira.
Le Français est déjà critiqué après 2 matches
«Au-delà de l’aspect tactique, du style de jeu ou encore du comportement individuel de certains joueurs, les deux premières sorties des Lions sous l’ère Patrick Vieira renseignent aussi sur la vision du technicien franco-sénégalais. Après avoir annoncé la couleur lors de sa présentation, l’ancien capitaine de l’équipe de France a traduit en actes son choix de faire confiance aux jeunes. Et la décision concerne le capitaine de l’équipe, Kalidou Koulibaly. Longtemps taulier de la défense avant de connaître une période difficile pendant la CAN au Maroc, avec une blessure en demi-finale, puis une longue période de convalescence avant son retour lors des deux premiers matchs du Mondial 2026, Kalidou Koulibaly ne semble pas être dans les plans du nouveau sélectionneur des Lions. Sur les deux matchs contre le Mozambique et l’Éthiopie, le défenseur d’Al-Hilal a été laissé sur le banc de touche. Malgré les nombreux changements opérés, Kouli n’a pas foulé une seule seconde l’une des deux pelouses.»
Lors du premier match, Sadibou Sané lui a été préféré. Face à l’Éthiopie, Vieira a opté pour une défense à trois sans utiliser Koulibaly. Outre la presse, qui n’est pas encore convaincue, le nouveau sélectionneur va aussi devoir séduire les supporters de l’équipe nationale. Si certains sont contents du changement et lui laissent sa chance, d’autres sont déjà très critiques et jugent le contenu insuffisant comme l’a rapporté Senenews. «Le score est là, le jeu non», a lancé l’un d’entre eux après le match d’hier. D’autres ont avoué que la sélection a été dominée sérieusement par un adversaire moins fort sur le papier. « Heureusement que c’était l’Éthiopie. Avec cette défense, si on avait affronté une équipe plus forte, on aurait pris cher», a confié un fan. Un dernier réclame déjà son départ : « virez-moi Vieira ! » Au Sénégal, Patrick Vieira n’est pas en terrain conquis. Il va devoir convaincre les plus réticents, aussi bien sur le fond que sur la forme.
เอแอล ฮิแลล
K. Koulibaly
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