L’avenir du foot français va se jouer en novembre. Encore, serait-on tenté d’écrire, tant la crise des droits TV s’éternise. Novembre, c’est le mois choisi par Olivier Bramly, directeur de LFP Media, la filiale commerciale de la LFP, pour lancer un nouvel appel d’offres pour la période 2027-2032. L’information, révélée il y a quelques jours, prouve principalement que les clubs de Ligue 1 ont acté que le modèle économique de Ligue 1+, la chaîne créée pour diffuser les rencontres, n’avait pas d’avenir. Les 150 M€ récoltés, pour redistribution aux clubs, sont trop minces pour garantir la survie des clubs français à moyen terme. Alors la LFP Media se tourne à nouveau vers les grands groupes, chaînes et plateformes.

La Ligue 1, encore vecteur d’abonnements ?
Avec un nouvel avantage toutefois : celui de ne proposer qu’un seul lot, avec tous les matches regroupés. Pas de découpage, héritage d’une ère où le foot français pensait que chaque rencontre pouvait susciter l’enthousiasme du téléspectateur et le pousser à s’abonner à des chaînes différentes. L’occasion d’avoir tout le football français regroupé au même endroit est donc belle mais est-ce suffisant pour déclencher un intérêt concret, contrairement à ce qu’il s’était déroulé il y a deux ans, lorsque Vincent Labrune avait espéré, en vain, que Canal+ vienne enchérir ?
« Quels sont les matchs qui fonctionnent aujourd’hui en France ? Ce sont les rencontres européennes sur Canal+, oui le produit attire car c’est la Ligue des Champions mais le traitement éditorial est aussi excellent », expose ainsi un patron de chaîne, cité par RMC. Celui proposé par Ligue 1+ est également de qualité, mais se veut consensuel, et ne garantit pas à lui seul l’afflux de nouveaux abonnés. « Ligue 1+ est un produit propre mais beaucoup trop positif, les interviews passent inaperçues, les abonnés cherchent aujourd’hui des personnages, des gens engagés sur un sujet qui permettent d’accompagner l’avant et l’après-match, et c’est bien utile pour une chaîne à l’ère des réseaux sociaux », poursuit ainsi le patron de chaîne.
Quid de Ligue 1+ ?
Il reste toutefois la possibilité, via l’appel d’offres bientôt déclenché, d’acquérir la diffusion exclusive de la Ligue 1, avec donc la création d’une nouvelle rédaction pour couvrir les rencontres, ou la distribution exclusive de la chaîne Ligue 1+, ce qui épargne quelques soucis de production. Récupérer la distribution exclusive de la chaîne, c’est aussi abandonner le grand éventail de choix qui existait pour s’y abonner, puisqu’elle était disponible par de multiples biais (opérateurs, plateformes, applis). La LFP Media gèrera cet aspect dans un second temps, le principal étant de dégoter un nouveau partenaire privilégié, capable d’assurer des revenus à nouveau viables pour la survie du foot français.
Est-ce réellement possible, si peu de temps après avoir acté l’échec du précédent appel d’offres ? « Si la LFP lance cet appel d’offres, c’est qu’elle a eu des retours de distributeurs intéressés, avec des perspectives de revenus plus élevés que ceux actuels, qui sont autour de 140 millions d’euros à partager pour les clubs. Et, au pire, avec Ligue 1+, la LFP a une solution de secours déjà en place. Mais cet appel d’offres est un signe que les clubs sont aux abois et considèrent que les revenus actuels ne sont pas assez », explique Antoine Feuillet, maître de conférences à l’université Paris-Saclay, spécialiste des droits TV sur France Info. Une chose est certaine, LFP Media cherchera à exploiter la clause qui lui permet de sortir du contrat passé avec les distributeurs de Ligue 1+, actionnable en mars prochain, pour éviter d’attendre la fin du contrat, prévu en 2029.
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