C’est une reconversion connue de tous, mais peu banale pour un ancien joueur. À 42 ans, Mathieu Flamini a arrêté sa carrière de footballeur professionnel en 2019, après une ultime expérience en Espagne, du côté de Getafe. Mais l’ancien milieu de terrain défensif formé à l’Olympique de Marseille et passé par Arsenal, l’AC Milan, Crystal Palace et Getafe n’a pas eu le temps de gamberger quand l’heure de la retraite a sonné. Six ans avant de raccrocher les crampons, Flamini a pris une décision qui lui a offert une reconversion inattendue, voire inédite. Cofondateur et président de GFBiochemicals, une entreprise de biochimie qui vise à remplacer l’usage du pétrole pour créer des dérivés du plastique, Flamini a mené une double vie de sportif et d’entrepreneur pendant six ans avant de se consacrer exclusivement à son entreprise de chimie verte.

Un choix qui a souvent fait parler de lui ces dernières années puisque plusieurs médias financiers, dont Forbes, ont estimé que ce business avait permis à Flamini de se constituer une fortune de plusieurs milliards d’euros. Mais comment en est-il arrivé là ? Interrogé dans le podcast de L’Express « Anatomie d’une décision », l’ancien Phocéen a dévoilé l’une des raisons qui l’ont poussé à se tourner vers une activité respectueuse de l’environnement. « J’ai grandi en bord de mer dans le sud de la France. Avec un papa apnéiste par passion. Depuis très jeune, j’avais la chance d’aller avec lui et participer à des collectes de plastique sur les plages. J’étais un grand fan de Commandant Cousteau. Depuis très jeune, j’ai eu cette opportunité de comprendre les impacts négatifs de l’être humain sur la planète. Une passion qui s’est développée en parallèle de la passion du football. » Créée en 2013, la société GFBiochemicals a donc vu le jour pendant que le Français évoluait à l’AC Milan. Une nouvelle activité que l’ex-milieu a développée pendant que ses anciens coéquipiers vaquaient à leurs habituelles occupations de footballeur.
Une entreprise créée quand il jouait à l’AC Milan
« Après les siestes, certains joueurs préfèrent jouer à la PlayStation, faire du shopping ou aller se promener. Moi, c’est vrai que j’ai décidé de prendre une voie un petit peu différente : d’apprendre et de me développer et de participer à la création de cette entreprise. À l’époque, je jouais à l’AC Milan. Sur mon temps libre, ça me permettait de me focaliser sur cette aventure-là. (…) La vie est un paradoxe parce qu’à l’école il y avait deux matières que je n’aimais pas beaucoup : l’anglais et la chimie. Et aujourd’hui, je parle plus de 90% de mon temps en anglais. La deuxième chose, c’était la chimie. Ce n’était vraiment pas une matière qui m’attirait et aujourd’hui, je me retrouve la tête d’une entreprise de chimie verte. Il a fallu s’entourer des bonnes personnes. » Une aventure qu’il a gardée en secret au début, et ce, pour une raison bien précise. « Pour pouvoir parler d’un sujet, d’une passion, il faut savoir la maîtriser. Avant même de pouvoir en parler, je voulais apprendre, continuer à m’éduquer, à me développer, à comprendre la direction. C’était ça. Pour éviter d’être en difficulté sur certaines questions, pour éviter de me trouver dans une position qui ne me permettrait pas de maitriser mon sujet. »
Depuis, les années ont passé et le PDG Flamini est devenu l’un des acteurs majeurs de la chimie européenne. Mais pourquoi s’être tourné vers la chimie ? « La chimie, c’est la mère de toutes les industries. Tout ce qu’on touche au quotidien est fait à base de produits chimiques, fait à base d’ingrédients qui sont malheureusement des dérivés du pétrole. Ce que nous avons essayé de développer, c’est d’identifier une molécule qui n’avait pas encore été développée à l’échelle industrielle. Cette molécule s’appelle l’acide lévulinique qui avait été identifié comme l’une des 12 molécules du futur. Pour permettre la transition de la pétrochimie vers la chimie du renouvelable. (…) Ce qu’ils ont oublié de nous dire, c’est que ça prendrait plus de dix ans pour passer d’une idée à un produit commercialisé. » Mais aujourd’hui, Mathieu Flamini a eu raison d’être patient.
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