Gianni Infantino se retrouve (une nouvelle fois) au cœur d’une polémique. Selon une enquête publiée, lundi soir, par le quotidien britannique The Times, le président de la FIFA aurait, en effet, perçu une rémunération supplémentaire de la part de FWC2026 US Inc., la société chargée de l’organisation de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis. D’après des documents fiscaux américains, cette somme aurait atteint 1,76 million de dollars en 2024, soit environ 1,5 million d’euros, en plus des revenus déjà déclarés par l’instance mondiale du football. Une révélation qui soulève des interrogations sur la transparence financière de la FIFA et sur la rémunération réelle de son dirigeant.

Face à ces accusations, la FIFA a finalement rapidement réagi en rejetant toute irrégularité. L’organisation affirme respecter pleinement l’ensemble de ses obligations en matière de déclaration et conteste toute violation de ses statuts. «La Fifa ne verse pas de second salaire à son président et respecte toutes les obligations de déclaration relatives à la rémunération. La rémunération annuelle du président de la Fifa, ainsi que ses autres avantages contractuels, sont fixés par la sous-commission des rémunérations, qui est indépendante. La Fifa rejette fermement toute allégation selon laquelle elle aurait omis de divulguer des informations financières et violé les statuts de la Fifa. Les comptes de la Fifa sont audités de manière indépendante, et toutes les déclarations sont conformes à la réglementation fiscale en Suisse, aux États-Unis et ailleurs», a ainsi fait savoir, ce mardi, un porte-parole de l’instance dirigeante du football mondial.
La FIFA sort les griffes
Cette défense ne met toutefois pas fin aux interrogations. Les statuts de la FIFA prévoient en effet que la rémunération individuelle de son président doit être rendue publique. Miguel Maduro, ancien président de la commission de gouvernance de l’instance, estime ainsi que l’absence de déclaration publique de ces versements pourrait constituer une violation des règles de transparence et appelle à une enquête indépendante. De son côté, The Times a également indiqué que des paiements similaires, voire supérieurs, auraient pu être effectués en 2025 et en 2026, sans que leur montant exact soit établi publiquement. Le quotidien évoquant également la possibilité qu’une partie de ces sommes ait contribué à couvrir des dépenses liées au logement du dirigeant à Miami, une hypothèse qui n’a pas été confirmée par la FIFA.
Une chose est sûre, cette affaire intervient dans un contexte déjà délicat pour Gianni Infantino, fragilisé par les critiques suscitées par son projet, finalement abandonné, d’ouvrir certains investissements liés aux compétitions de la FIFA à des capitaux privés. Alors que le dirigeant entend briguer un nouveau mandat en 2027, ces révélations risquent d’alimenter davantage les débats sur la gouvernance et la transparence de l’organisation. À ce stade, aucune conclusion définitive ne permet toutefois d’établir une infraction, la FIFA niant tout manquement et défendant la conformité de ses pratiques. Les questions soulevées par les documents financiers et les obligations de publication de la rémunération présidentielle restent désormais au centre de la controverse. Affaire à suivre…
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