Sébastien Pocognoli est de retour aux affaires. On avait laissé le technicien belge le 1er juin dernier à l’heure d’être démis de ses fonctions d’entraîneur de l’AS Monaco. Sa mission de huit mois sur le Rocher a globalement échoué après avoir terminé à la 7e place de Ligue 1 malgré un effectif fourni. La mayonnaise n’a jamais vraiment pris avec son système d’une défense à 3. Il a connu des hauts, notamment cette belle série de victoires en sept matchs à la fin de l’hiver contre des adversaires directs (Lens, OL et OM), et des bas comme ce sprint final totalement manqué (une victoire face à Metz, lanterne rouge, sur les six dernières journées).

L’été est passé et on retrouve l’ancien latéral gauche à la tête de l’Écosse. Il y a signé pour deux ans et débute sa mission par un déplacement en Slovénie ce samedi pour le compte de la ligue B de la Ligue des Nations. La Tartan Army se trouve dans une situation paradoxale. Elle a réussi à se qualifier pour sa première Coupe du Monde depuis 1998, mais a été sortie dès le premier tour, malgré une victoire inaugurale face à Haïti. Le Maroc et le Brésil étaient tout simplement trop forts pour elle. Outre l’élimination, le comportement de Steve Clarke, le sélectionneur d’alors, avait suscité de nombreuses critiques.
L’Écosse et Pocognoli ont besoin de se relancer
Il avait été jugé « mesquin », « indigne », « immature » et même « grossier » par certains médias. Pocognoli est prévenu, lui qui débarque un peu en terre inconnue. Son attitude sera surveillée autant que ses choix techniques. Il a tenté d’insuffler un vent frais dans sa sélection en appelant 6 nouveaux joueurs, Kristi Montgomery (milieu de terrain, 22 ans, Blackburn) ayant été convoqué suite aux forfaits de Kieran Tierney et Kenny McLean. Robbie Ure (22 ans, attaquant, Séville FC), Luis Binks (25 ans, défenseur central, Brøndby), Colby Donovan (latéral droit, 20 ans, Celtic), Josh McPake (ailier gauche, 25 ans, Hearts) et Stephen Welsh (26 ans, défenseur central, Swansea) seront les nouvelles attractions.
« Nous avons beaucoup d’expérience dans l’équipe. Il y a de nouveaux visages et de jeunes joueurs, et je pense que nous avons un bon mélange », expliquait le nouveau sélectionneur qui va pouvoir s’appuyer sur les cadres habituels tels qu’Andy Robertson, Ryan Christie, Billy Gilmour, John McGinn, et même Oli McBurnie, de retour en sélection après trois ans d’absence. Seuls Kieran Tierney, Kenny McLean (comme dit plus haut) et surtout Scott McTominay manquent à l’appel en raison de blessures. « Nous devons veiller à maintenir le bon équilibre et préserver ce qui faisait la force de l’équipe d’Écosse : sa cohésion et son ADN propre. Il faut que cela perdure », insiste Pocognoli.
Une révolution de velours
Le technicien de 39 ans organise une forme de rupture en douceur, alors que neuf joueurs présents au Mondial n’ont pas été appelés par choix. « Le changement nécessaire intervenait à ce moment précis, car nous respectons les échéances, et ce changement concerne uniquement ce que nous voulons créer sur le terrain. (…) Ce qui a été mis en place par le passé est considérable et sera précieux pour l’avenir. » Il a tout de même face à lui quelques chantiers comme la défense, et surtout le poste de gardien de but où ils sont 4 sur la ligne de départ : Scott Bain, Angus Gunn, titulaire non convaincant cet été, Liam Kelly et Jon McCracken, le seul ayant moins de 30 ans.
« Je veux voir une équipe vraiment unie, c’est assez basique : attaquer ensemble, défendre ensemble, mais cela fait partie de la mentalité écossaise », assure le sélectionneur, lequel a promis d’apprendre les paroles de Flower of Scotland, l’hymne national. Il sera surtout jugé sur le sportif avec pour ambition affichée la promotion à l’échelon supérieur dans un groupe équilibré avec la Slovénie et la Macédoine du Nord, où la Suisse fera figure de favorite. « L’objectif est de rester compétitif et d’essayer de grimper le plus haut possible au classement pour accéder à la Ligue A. » Le choc face à la Nati pour sa première à Hampden Park le 29 septembre donnera aussi un aperçu « des leaders, des jeunes joueurs et de constater la cohésion de l’équipe. » Ce qui avait manqué à Monaco.
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