Manchester City traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Longtemps considéré comme un modèle de réussite sportive et économique depuis son rachat par les investisseurs d’Abu Dhabi en 2008, le club anglais est désormais au cœur d’un scandale financier susceptible de remettre en question une partie de ses succès. La commission indépendante chargée d’examiner les accusations de la Premier League a rendu un verdict accablant, déclarant les Cityzens coupables de 114 des 115 chefs d’accusation retenus contre eux. Au cœur du dossier figurent notamment des soupçons de dissimulation de revenus, de présentation de comptes inexacts et de manquements aux règles financières du championnat anglais. Un séisme pour une institution qui a dominé la Premier League sous Pep Guardiola et accumulé les trophées ces dernières années. Si Manchester City conteste fermement les conclusions de la commission et a engagé une procédure d’appel, l’ampleur des faits retenus place le club face à des conséquences potentiellement historiques. Une déduction de points, une lourde amende, voire une exclusion de l’élite anglaise figurent parmi les sanctions évoquées dans ce dossier explosif. Le verdict repose sur des faits particulièrement graves, qui concernent neuf saisons, de 2009-2010 à 2017-2018.

D’après les conclusions de la commission, Manchester City aurait artificiellement gonflé ses revenus commerciaux de plus de 900 millions de livres sterling en s’appuyant sur des contrats de sponsoring fictifs ou trompeurs. Plusieurs partenaires commerciaux n’auraient versé qu’une partie des sommes officiellement annoncées, le solde étant financé par Abu Dhabi United Group, la structure liée à son propriétaire. Le club mancunien aurait ainsi présenté une image déformée de sa situation financière, dissimulé la réalité de ses comptes à ses auditeurs et aux instances du football, tout en dépassant largement les plafonds de dépenses autorisés par la Premier League et l’UEFA. La commission a également retenu trois des quatre accusations relatives au manque de coopération de City pendant l’enquête. La Premier League a confirmé publiquement ces conclusions le 29 septembre, après plusieurs années de procédure. Les pensionnaires de l’Etihad Stadium, qui ont annoncé leur intention de faire appel, continuent toutefois de clamer leur innocence et dénonce des erreurs de droit, de principe et de fait dans la décision. Aucune sanction définitive n’a encore été prononcée, mais l’issue de la procédure pourrait bouleverser durablement le paysage du football anglais.
Des négociations secrètes avant le verdict
Et la nouvelle révélation de Bloomberg vient ajouter un nouvel épisode particulièrement embarrassant au dossier. Selon le média américain, Manchester City et la Premier League ont tenu des négociations confidentielles en vue d’un éventuel règlement à l’amiable, avant que le verdict défavorable au club ne soit rendu public. Ces discussions préliminaires auraient pu permettre aux Cityzens de limiter considérablement leur exposition aux sanctions les plus lourdes. L’idée aurait consisté à privilégier un important versement financier plutôt qu’une éventuelle relégation ou un retrait de titres. Autrement dit, City aurait pu chercher une porte de sortie financière plutôt que de s’exposer à une affaire susceptible de menacer son statut parmi l’élite anglaise. Mais les échanges ont rapidement échoué, selon plusieurs sources proches du dossier citées par Bloomberg. Le média précise que les discussions n’avaient pas été révélées auparavant et que les deux parties ont refusé de commenter ces informations.
Cette tentative de rapprochement contraste forcément avec la ligne de défense publique du club, qui affirme depuis le début être victime d’accusations infondées. Le point de rupture semble justement avoir été l’impossibilité de trouver un terrain d’entente sur le fond des accusations. Toujours selon Bloomberg, Manchester City aurait maintenu sa position d’innocence tout au long des discussions, refusant d’accepter les griefs formulés par la Premier League. La perspective d’un règlement n’aurait pas débouché sur une reconnaissance des faits reprochés, ni sur un accord permettant de refermer le dossier. L’échec des pourparlers a laissé place à une procédure dont les conséquences restent considérables. Les négociations n’établissent pas une culpabilité supplémentaire et ne signifient pas que City a reconnu les faits. En revanche, la décision rendue par la commission indépendante a bien retenu sa responsabilité sur les accusations liées aux graves manquements financiers, ainsi que sur la majorité des griefs concernant sa coopération avec les enquêteurs.
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