Cette semaine, Sports Illustrated a publié une interview exclusive avec Henry, dans laquelle il a abordé l'évolution du football, la performance de Kompany au Bayern, la Coupe du Monde 2026 et les chances de victoire de la France.

Vous avez remporté la Coupe du Monde avec la France en 1998. Comment le football a-t-il changé depuis ?
Le rôle de la technologie et de la science du sport est bien plus important qu'auparavant. Je ne dis pas qu'il n'y avait pas de tactique avant — ce serait faux —, mais nous avions certainement plus de liberté sur le terrain. Les maillots sont aussi plus moulants maintenant, alors qu'avant ils étaient plus amples.
En tant qu'attaquant, vous représentez un style de football créatif et intuitif. Le football d'aujourd'hui est-il trop influencé par la tactique et les données ?
Ces facteurs font désormais partie intégrante du sport, mais une focalisation excessive sur ceux-ci peut limiter le développement d'une équipe. Nous devrions donc être reconnaissants envers des équipes comme le Bayern, le PSG, Barcelone et Arsenal. Quand on voit ces équipes jouer, on sent que le football est une pure joie.
Le football d'aujourd'hui est-il plus rapide qu'avant ?
C'est difficile à dire, car j'étais aussi très rapide, mais nous avions plus d'options à l'époque. Offensivement, il y avait moins de contrôle du jeu qu'aujourd'hui, davantage d'accent sur la créativité. Maintenant, le jeu privilégie le pressing et la couverture défensive. Les entraîneurs sont prudents pour éviter les contre-attaques, ce qui sacrifie les joueurs qui aiment dribbler.
On parle souvent de la pression psychologique sur les joueurs. À quel point est-elle forte ?
C'est absolument vrai, et ce n'est plus un sujet tabou. Après une longue saison, vous êtes épuisé mentalement et physiquement. La transition du club à l'équipe nationale n'est pas facile. Si vous jouez fatigué, il est difficile de donner le meilleur de vous-même. C'est pourquoi la Coupe du Monde est si exigeante pour les joueurs : elle arrive juste après une longue saison.
Vous êtes vous-même entraîneur. Comment évaluez-vous le travail de Kompany au Bayern ?
Au début, beaucoup pensaient qu'il n'était pas adapté au poste, mais il fait un excellent travail maintenant. Quand vous placez quelqu'un comme lui à la bonne place et que vous travaillez avec des gens qui le comprennent, vous obtenez le Bayern d'aujourd'hui. J'ai travaillé avec lui lorsque j'étais entraîneur adjoint de l'équipe nationale belge, et même à l'époque, on pouvait voir qu'il était très intelligent.
Quelles sont ses qualités remarquables ?
Il parle couramment plusieurs langues et a des objectifs clairs. Il n'hésite jamais à passer à l'action. C'est un excellent leader et il a prouvé qu'il peut mener une équipe au succès avec les bons joueurs.
Malgré la relégation de Burnley, la direction du Bayern l'a quand même engagé, ce qui est louable car elle a vu chez Kompany des qualités correspondant à la philosophie du club. C'était une sage décision.
Qu'est-ce que vous aimez au Bayern Munich ?
C'est un plaisir de voir des joueurs comme Musiala, Olise, Luis Díaz, Kane, Gnabry et Kimmich. J'ai toujours admiré la façon dont le Bayern fonctionne. D'anciens joueurs comme Ribéry et Lizarazu ne tarissent pas d'éloges sur le Bayern, notamment sur le club, les supporters et l'esprit — en gros, tout.
En quoi le Bayern diffère-t-il des autres grands clubs ?
Si vous regardez les joueurs qu'ils recrutent, vous constaterez qu'ils ne visent pas toujours les plus grandes stars. Ils cherchent des joueurs qui correspondent au style de l'équipe. C'est précisément pourquoi ils connaissent tant de succès.
Ils se disent : ce joueur est peut-être excellent, mais il ne convient pas au Bayern. Ou : cet entraîneur est bon, mais pas pour notre club. Ils s'en tiennent toujours à leur philosophie.
Quelle équipe a, selon vous, les meilleures chances de remporter la Coupe du Monde 2026 ?
Je pense que la France est la favorite — en partie parce que je suis français, mais surtout parce que nous avons atteint la finale deux années de suite et que nous avons une équipe solide.
L'Espagne, l'Argentine, le Portugal et l'Angleterre sont aussi de sérieux prétendants, et des outsiders comme la Norvège ou le Sénégal ne sont pas à exclure. Quant à l'Allemagne, j'attends toujours qu'elle retrouve son meilleur niveau.
La France a une nouvelle fois produit une brillante génération de joueurs. Quel est le plus grand atout de l'équipe de France ?
Les remplaçants. Cela semble simple, mais la profondeur de l'effectif est cruciale. Si vos remplaçants sont aussi forts que vos titulaires, c'est un énorme avantage, surtout après une longue et intense saison.
Zidane prendra les rênes de l'équipe nationale française après la Coupe du Monde. Pourquoi serait-il le candidat idéal ?
Zidane est comme un dieu en France ; les gens l'adorent. Il a mené le Real Madrid à trois titres consécutifs en Ligue des Champions, c'est donc une décision logique et justifiée.
Concernant l'équipe nationale allemande, comment évaluez-vous le développement de l'équipe sous Nagelsmann ?
L'Allemagne s'est qualifiée, et c'est le plus important. Parfois, moins de pression peut mener à de meilleures performances. En tout cas, je souhaite le meilleur à Nagelsmann et à son équipe — sauf s'ils rencontrent la France.
Traduit par IA.
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