Le départ de Cristiano Ronaldo du rassemblement du Portugal avait laissé derrière lui une immense zone de turbulences. Quelques jours plus tôt, le quintuple Ballon d’Or avait quitté le camp de la sélection à Copenhague après une série d’événements qui avaient profondément tendu sa relation avec Jorge Jesus. Après avoir débuté sur le banc face à la Norvège et être resté sans entrer en jeu malgré un long échauffement, le capitaine portugais avait ensuite appris qu’il ne débuterait pas non plus face au Danemark. Le technicien portugais avait publiquement assuré qu’il n’y avait « aucun incident », tout en revendiquant la responsabilité totale de ses choix. Ronaldo, lui, avait finalement annoncé son départ du rassemblement après un échange avec Pedro Proença, président de la Fédération portugaise, promettant alors de révéler « la vérité » sur les raisons de sa décision.

Depuis, les spéculations n’avaient cessé de grossir autour de l’avenir international de CR7. À 41 ans, alors qu’il avait déjà laissé entendre que cette saison pourrait être la dernière de sa carrière, son départ brutal avait immédiatement fait planer le doute sur la suite de son aventure avec le Portugal. La victoire convaincante des Portugais face au Danemark, obtenue sans leur capitaine, n’avait évidemment pas calmé les débats. Jorge Jesus avait ensuite maintenu la porte ouverte à un retour de Ronaldo, expliquant que la décision lui appartenait, tandis que le joueur avait gardé le silence. Mais ce mardi 6 octobre, le Portugais a finalement décidé de prendre la parole. Et il a choisi de ne rien éluder, livrant une déclaration particulièrement longue dans laquelle il revient point par point sur les discussions avec son sélectionneur, le déroulement du rassemblement et les raisons précises qui l’ont poussé à quitter ses partenaires.

Ronaldo lâche ses quatre vérités

Dès les premières lignes de son communiqué, Cristiano Ronaldo annonce la couleur. « Comme promis, j’ai décidé de raconter, à la première personne et de manière directe, les circonstances entourant la dernière étape du parcours de l’équipe nationale. » Le Portugais explique ensuite qu’il avait déjà préparé, après la Coupe du Monde 2026, une lettre destinée au peuple portugais pour annoncer son départ définitif de la sélection. Mais la Fédération portugaise aurait alors insisté pour le convaincre de poursuivre l’aventure. Ronaldo affirme également que Pedro Proença lui avait demandé son avis concernant le futur sélectionneur, et qu’il avait personnellement validé le choix de Jorge Jesus. « Par conséquent, le jour de la présentation de l’entraîneur actuel, j’étais sincèrement satisfait de ce choix. C’était la bonne option, comme le prouvent les résultats », assure-t-il. Une précision importante puisque le conflit actuel oppose désormais l’attaquant de 41 ans à un entraîneur dont il explique avoir lui-même approuvé la nomination.

Le cœur de sa version concerne ensuite le fameux plan de gestion physique qui aurait été établi avec Jorge Jesus avant le rassemblement. Ronaldo affirme que le sélectionneur lui avait assuré qu’il comptait sur lui et que sa présence était « essentielle à son projet », tout en lui expliquant qu’il jouerait le premier et le dernier match de la trêve. Le joueur raconte surtout que Jesus lui avait initialement proposé de ne pas accompagner le groupe en Norvège et au Danemark. Une proposition qu’il aurait immédiatement refusée. « Ne pas jouer les matchs à l’étranger ne signifierait pas que je renoncerais à être capitaine de notre équipe. Ce privilège de rester au Portugal ne serait pas un bon exemple », écrit-il. Quelques jours plus tard, Ronaldo assure avoir encore échangé avec son entraîneur dans le calme, avant de respecter le plan prévu face à Alvalade. Puis tout aurait basculé en Norvège. « À ma grande surprise, il m’a demandé si je me sentais capable de jouer 30 minutes », raconte-t-il, expliquant avoir accepté malgré un programme de récupération différent. « Il m’a répondu que je devais être prêt car je jouerais 30 minutes. Le reste appartient à l’histoire. Je me suis échauffé depuis la mi-temps, j’ai vu les minutes défiler et je n’ai pas été appelé à jouer. L’entraîneur n’avait pas tenu sa promesse. »

Ronaldo reconnaît ensuite sa propre part de responsabilité dans cette séquence, notamment lorsqu’il n’est pas allé saluer les supporters après la victoire contre la Norvège. « C’est une erreur dont je suis entièrement responsable et qui n’aurait pas dû se produire », admet-il, avant de présenter ses excuses au peuple portugais, aux supporters et à ceux qui avaient fait le déplacement pour le voir. Mais le joueur détaille surtout la réunion organisée 48 heures plus tard avec Jorge Jesus et Simão Coutinho, directeur sportif d’Al Nassr, qui aurait assisté aux échanges précédents. Selon Ronaldo, une solution avait alors été trouvée pour mettre fin à la polémique. Le sélectionneur devait expliquer publiquement ce qui avait été convenu en privé et reconnaître son erreur. « Nous avons terminé cette réunion par une accolade de l’entraîneur, qui m’a promis de confirmer en conférence de presse ce qu’il venait de me dire et que l’affaire était close », affirme-t-il. Or, selon CR7, la conférence de presse aurait pris une tout autre tournure. « L’attitude n’avait rien à voir avec notre réunion ; j’ai entendu des propos et une agressivité qui me semblent injustifiés, une attitude de “je veux, je peux et j’ordonne” dont je n’avais jamais, même de loin, entendu parler en privé la veille. » C’est cette rupture de confiance que le Portugais présente aujourd’hui comme le véritable point de bascule ayant conduit à son départ du rassemblement.