« Bien sûr que ça avait une importance. Après une déception, le plus important, c’est de rebondir. Je l’ai vu comme une victoire et le fait d’être appelé ça montre que je ne suis pas enterré et que j’ai relevé la tête. Il faut lui montrer que je mérite sa confiance. » Quelques semaines après avoir manqué la Coupe du Monde 2026, Eduardo Camavinga avait clairement fixé le ton pour ce rassemblement de l’Équipe de France. Retenu par Zinédine Zidane pour sa toute première liste, le milieu du Real Madrid savait que cette convocation représentait bien plus qu’un simple retour chez les Bleus. Après une saison 2025-2026 très compliquée, conclue avec seulement 23 titularisations toutes compétitions confondues sous Xabi Alonso puis Álvaro Arbeloa, et marquée notamment par son carton rouge contre le Bayern Munich en Ligue des Champions, Camavinga avait été laissé de côté par Didier Deschamps pour le Mondial. Une absence qu’il avait forcément mal vécue, mais qui semble aujourd’hui pouvoir servir de point de départ à un nouveau chapitre.

Au Real Madrid, pourtant, le contexte reste encore loin d’être totalement rassurant. Camavinga n’est pas encore devenu l’un des hommes forts de José Mourinho et n’a débuté que deux rencontres sur six apparitions cette saison, avec déjà deux cartons jaunes. Dans la hiérarchie madrilène, il reste derrière Aurélien Tchouaméni, Federico Valverde, Arda Güler et Jude Bellingham, tandis que Bernardo Silva compte également une titularisation de plus au milieu. Son début de saison est donc plutôt discret, ce qui rend d’autant plus significatif le choix de Zidane de le convoquer dès sa première liste. Ce n’était pas simplement un appel destiné à compenser une absence, à l’inverse d’un Maghnes Akliouche, appelé pour pallier un forfait et chargé de convaincre le sélectionneur : Camavinga fait bel et bien partie des profils sur lesquels Zidane compte. Le Français n’avait pourtant jamais été entraîné par le technicien au Real Madrid, mais ce dernier a toujours apprécié son profil et ses qualités, suffisamment en tout cas pour lui accorder cette nouvelle chance. L’absence de Tchouaméni sur ce rassemblement lui offrait aussi un peu plus d’espace pour se montrer.
Eduardo Camavinga reprend des couleurs avec les Bleus
Face à la Turquie, Camavinga n’avait cependant pas encore obtenu ce statut de titulaire, entrant seulement à la 78e minute, comme plusieurs autres joueurs. Cela confirmait ainsi, et assez logiquement, que Manu Koné et Adrien Rabiot étaient encore devant lui dans l’ordre des choix de Zidane. La donne a changé dès le match suivant contre la Belgique, puisque Camavinga a été titularisé dans son rôle naturel au milieu, à gauche d’un système à trois en 4-3-3. Et cette fois, il a réellement marqué des points. Avec 95 % de passes réussies, cinq ballons récupérés et trois fautes concédées, le Madrilène a livré une prestation particulièrement propre et active dans la victoire française (1-0). Une performance qui a séduit le public, mais surtout son sélectionneur. Selon L’Équipe, Zidane a été « conforté » par Camavinga durant cette rencontre, alors qu’il s’est également montré séduit par Lucas Da Cunha et enchanté par Jérémy Jacquet.
Cette prestation a aussi suscité une analyse très intéressante d’Andrés Onrubia, journaliste à AS, qui estime que le problème de Camavinga n’a jamais été son niveau technique. « Le problème de Camavinga n’a jamais été le talent, mais l’attitude et la concentration. Il a la technique et la capacité à porter le ballon pour faire la différence. Une autre chose, c’est que ses erreurs ont tendance à être très visibles. » Selon lui, Zidane lui a justement offert beaucoup de liberté contre la Belgique, avec un rôle de lien entre le milieu et les attaquants : « Zidane lui a donné beaucoup de liberté aujourd’hui, contre la Belgique. Et il a répondu au milieu avec une grande performance, évoluant à mi-hauteur comme un connecteur entre le milieu et les attaquants. » Le journaliste espagnol estime surtout que le sélectionneur doit exploiter sa capacité à porter le ballon, son dynamisme et sa faculté à se retourner pour jouer entre les lignes ou verticalement. Et il va même jusqu’à faire un parallèle avec Ousmane Dembélé, dont le changement de dimension avait, lui aussi, nécessité un travail sur l’attitude et la concentration : « on verra s’il parvient à le remettre sur les rails, mais j’insiste : c’est davantage une question d’attitude et de concentration que de talent, comme ce qui s’était passé avec Ousmane Dembélé à l’époque avant son explosion au PSG. Et un entraîneur comme Zidane peut être déterminant. »
Camavinga sait ce qu’il doit encore améliorer
Camavinga avait lui-même parfaitement identifié ce qui lui avait manqué la saison dernière : « je vais faire bref, c’est la régularité. J’ai été performant dans le passé et je le serai dans le futur. C’est la régularité, la concentration sur le terrain, faire moins d’erreurs. Avec de la régularité, je ferai plus de matchs. » Et son absence au Mondial reste forcément dans un coin de sa tête : « je pense que le fait de ne pas participer à la Coupe du Monde c’est quelque chose qui m’a forcément touché. Tout footballeur veut jouer à ce type de compétition. Ce genre de déception, c’est nouveau dans ma carrière et il faut rebondir. Comme je l’ai dit, c’est un sentiment normal, depuis le début de ma carrière tout est arrivé vite. Comme on dit, Rome ne s’est pas construite en un jour et j’ai encore le temps. » Ainsi, il veut transformer cette déception en moteur.
La hiérarchie reste néanmoins bien installée, et un seul bon match ne suffit pas encore à bouleverser les équilibres. Rabiot et Koné étaient devant lui au coup d’envoi face à la Turquie, tandis que sa situation au Real Madrid l’oblige toujours à retrouver davantage de régularité. Mais il a déjà gagné quelque chose d’essentiel avec Zidane : de la confiance. Après avoir été l’un des joueurs les plus en difficulté de la fin de l’ère de Deschamps, Camavinga est déjà l’une des bonnes surprises de ce rassemblement. Il lui reste désormais à confirmer, notamment lors des prochains rendez-vous face à l’Italie vendredi puis à nouveau contre la Belgique lundi.
เอซี มิลาน
สปอร์ตติ้ง บราก้า
เรอัล มาดริด
ซีเนดีน ซีดาน
เอดูอาร์โด้
ด. เดสชองส์
อาเดรียง ราบิโอต์
A. Tchouaméni
เอดูอาร์โด้ คามาวิงก้า
ความคิดเห็นทั้งหมด