La Coupe d’Europe pour s’offrir un bol d’air ou pour miner le moral juste avant le Classique ? On allait vite le savoir pour un Olympique de Marseille jugé déjà un peu juste pour la Ligue 1, et qui devra enchaîner les jeudis soirs avec la Ligue Europa. Bruno Genesio avait promis du turnover, et ce sont 4 joueurs qui ont fait leur apparition dans la composition de départ, avec Cornelius, Garcia, Abdallah et Maupay. Soit un jeune prometteur et 3 anciens indésirables revenus dans l’effectif. L’OM, malgré cette équipe expérimentale, se montrait suffisamment compacte pour résister aux premiers assauts du Besiktas, dans une ambiance toujours bouillante.

Les joueurs de Vincenzo Italiano, actuellement 2es de Super Lig, mettaient la pression d’entrée, avec beaucoup d’envie. Trop pour Agbadou qui récoltait un carton jaune, qui aurait pu mériter plus, sur une grossière faute sur Maupay. Les Olympiens se signalaient par une frappe d’Abdallah intéressante après un décalage de Gomes (12e), mais craquaient un peu trop vite. Percée de Fakili de la gauche vers l’axe, une-deux avec Olaïtan et premier but (1-0, 15e). Derrière, l’OM ne sombrait pas et Abdallah se montrait à nouveau remuant, même si chaque ballon de Besiktas aux alentours de la surface marseillaise mettait le feu.
L’OM pénalisé par sa défense
Et le jeune Abdallah, pour sa première titularisation, allait remettre l’OM à égalité. Lancé en profondeur par Abdelli, qui profitait de l’alignement coupable d’Agbadou, l’ailier se présentait face à Nübel et ne tremblait pas, fermant son pied au dernier moment (1-1, 30e). L’équipe phocéenne jouait crânement sa chance et prenait même peu à peu le dessus sur l’armada turque. Abadallah, encore lui, envoyait une frappe puissante juste au-dessus (41e). Besiktas répliquait, avec Vlahovic, une classe d’écart avec les autres joueurs présents sur le terrain, qui donnait un amour de ballon pour Kokcu, qui butait sur De Lange (45+3e). Au retour des vestiaires, l’OM conservait sa bonne tenue et Abdallah continuait de faire des misères à Ouattara.
Malheureusement, après Fakili en première période, c’est l’autre ailier Cerny qui enclenchait la seconde, avec une frappe enroulée dans la surface qui faisait mouche (2-1, 56e). Bruno Genesio lançait immédiatement Paixao et Emerson pour répliquer. Mais l’OM craquait une fois de plus trop vite, encaissant un but de son ancien joueur Amir Murillo, de la tête sur corner (3-1, 59e), avec une défense de nouveau bien trop tendre. Fakili trouvait la barre transversale et l’OM était proche du naufrage, malgré les entrées de Gouiri et Aguerd. Et c’est l’entrant Poku qui clôturait le spectacle sur un contre éclair mené par l’omniprésent Olaitan (4-1, 81e). Cohérente pendant presque une heure, l’équipe phocéenne a été pénalisée par ses carences défensives, et devra vite trouver le bon schéma pour colmater les trop nombreux espaces laissés. Comme en championnat, le contenu n’est pas inintéressant, mais il va désormais falloir engranger des points.
- L’homme du match : Junior Olaitan (7,5) : immédiatement dans le ton, il impose sa puissance et sa combativité au milieu avant de délivrer dès la 15e minute une superbe passe cachée dans l’intervalle pour l’ouverture du score. Véritable moteur du Beşiktaş, il prend constamment la responsabilité de faire le lien entre la défense et l’attaque, cassant les premières lignes marseillaises aussi bien par ses accélérations que par sa technique. Moins présent offensivement après la pause, il devient en revanche omniprésent à la récupération, domine les duels et continue de libérer des espaces par sa capacité à porter le ballon. Il couronne son énorme prestation en s’imposant encore dans l’entrejeu avant de lancer parfaitement son ailier droit dans la profondeur pour une nouvelle passe décisive. Deux passes décisives, un volume de jeu considérable et une domination physique constante : le véritable patron du milieu turc. Il est remplacé par Oh Hyeon-Gyu (83e).
Besiktas
- Nubel (6): sollicité pour la première fois à la 12e minute sur une frappe vers le petit filet opposé, il se détend bien pour repousser le ballon. Malgré huit tentatives marseillaises en première période, seules deux sont cadrées et il n’a finalement qu’un véritable arrêt à réaliser, en plus du but encaissé. Son principal déchet vient de la relance longue. La seconde période est ensuite extrêmement tranquille, Marseille ne parvenant plus à tenter la moindre frappe.
- Murillo (6): intéressant sur ses premières montées, il s’éteint rapidement et livre une première période décevante, avec trop peu de replis défensifs et des difficultés dans les duels. Son apport offensif reste également imprécis, notamment dans les centres et les dernières passes. Beaucoup plus discipliné après la pause, il reste davantage en place, gagne en agressivité à la récupération et coupe plusieurs lignes de passes marseillaises. Surtout, il se montre décisif à la 59e minute en reprenant un corner d’une tête depuis le point de penalty qui termine dans le petit filet pour le 3-1. Longtemps en difficulté, il sauve sa prestation par son but.
- Agbadou (5,5): averti dès la 10e minute après avoir laissé traîner son crampon sur le genou de Maupay, il se retrouve encore fautif sur l’égalisation marseillaise avec un alignement complètement manqué, trois mètres derrière le reste de sa défense. Ces deux erreurs ternissent une première période pourtant intéressante dans le jeu, où il complète bien Topçu grâce à sa qualité de relance, avec 100 % de passes réussies, courtes comme longues. Son gabarit lui permet également de répondre présent dans les duels face aux attaquants marseillais. Il est remplacé par Djalo (46e, 6,5), probablement pour éviter le risque d’un second avertissement. L’ancien Lillois réalise une entrée convaincante, avec de l’impact dans les duels, de la vitesse dans les couvertures et une bonne lecture des transmissions marseillaises.
- Topcu (7): véritable patron de la défense du Beşiktaş, il impose immédiatement sa solidité dans les duels et affiche déjà 100 % de réussite dans cet exercice en première période. Plus en difficulté sur ses longues relances, souvent trop appuyées ou mal ajustées, il compense largement par son autorité défensive. Toujours bien placé, il domine les un contre un, replace constamment ses partenaires et vient couvrir les espaces laissés dans le dos de ses latéraux. Ses chiffres illustrent son emprise : 10 duels remportés sur 10, 100 % au sol, douze récupérations et deux interceptions importantes sur des transitions marseillaises. Une prestation de patron, presque irréprochable défensivement, avec une autorité qui aura permis de stabiliser toute son arrière-garde.
- Ouattara (4): directement impliqué sur l’égalisation marseillaise d’Abdallah, il monte trop haut et ne suit pas son adversaire, laissant un boulevard dans son dos sur le long ballon d’Abdelli. Son placement reste problématique tout au long de la rencontre : souvent en retard, il souffre énormément face aux accélérations du jeune Marseillais, qui prend régulièrement le dessus dans leur duel. Son apport offensif ne compense pas ses difficultés, avec des montées peu influentes et des centres qui trouvent rarement preneur. Une soirée cauchemardesque pour le latéral fraîchement sélectionné avec la Côte d’Ivoire.
- Ozcan (5): clairement le milieu du Beşiktaş le plus en difficulté, il joue avec beaucoup trop de prudence et privilégie presque systématiquement les passes vers l’arrière. Peu entreprenant balle au pied, il souffre également lorsque Marseille hausse son pressing et manque d’impact dans les duels, avec seulement 20 % remportés en première période. Dans un entrejeu où Olaitan et Kokçu prennent davantage de responsabilités, son influence reste très limitée. Un match discret.
- Olaitan (7,5): voir ci-dessus
- Kokcu (7): trop irrégulier en première période pour un joueur de son talent, il montre pourtant par séquences tout ce qu’il peut apporter au Beşiktaş. Lorsqu’il porte le ballon et prend des initiatives, sa qualité de passe permet immédiatement de faire avancer son équipe, mais son influence reste trop intermittente avant la pause, malgré une grosse occasion sur laquelle De Lange intervient parfaitement à ses pieds. Son visage change totalement en seconde période : beaucoup plus présent dans le cœur du jeu, il crée des décalages et offre la passe décisive à Cerny à la 55e minute. Quatre minutes plus tard, son corner parfaitement frappé trouve la tête de Murillo pour le 3-1. Une seconde période de très haut niveau. Il est remplacé par Ndidi (70e), entré pour apporter davantage de puissance et d’impact physique dans l’entrejeu.
- Cerny (6): souvent trouvé dans son couloir droit, il connaît une première période plus compliquée que le reste de l’attaque du Beşiktaş. Ses choix sont parfois trop tardifs, son jeu devient lisible dans les un contre un et Garcia prend régulièrement le dessus, tandis que ses transmissions manquent de précision. Beaucoup plus tranchant après la pause, il donne l’avantage aux siens à la 55e minute en repiquant dans l’axe avant de trouver le poteau opposé d’une frappe sur laquelle De Lange ne peut rien. Rattrapé par les crampes après plusieurs signes de fatigue, il est remplacé par Poku (70e). Discret jusque-là, ce dernier se montre décisif à la 81e minute en marquant dans la surface d’un plat du pied au premier poteau.
- Fakili (7): très virevoltant dans son couloir gauche, il ouvre le score dès la 15e minute après un superbe une-deux, conclu d’une frappe croisée dans le petit filet de De Lange. Mobile, technique et rapide, il prend régulièrement le dessus sur Weah et n’hésite pas à repiquer dans l’axe pour se créer des angles de frappe ou de passe. Très recherché, il devient l’un des principaux relais offensifs d’un Beşiktaş qui privilégie clairement son côté pour attaquer. Plus discret durant les vingt premières minutes de la seconde période, il réapparaît à la 68e avec une magnifique frappe enroulée vers la lucarne opposée qui s’écrase sur la barre. Un match plein de percussion et d’initiative, récompensé par un but et qui aurait pu être encore plus marquant sans cette barre. Émoussé après avoir beaucoup donné, il est remplacé par Miretti (83e).
- Vlahovic (6,5): solide dans son rôle de point d’appui, l’attaquant serbe pèse surtout par son jeu dos au but, ses remises et sa capacité à fixer les défenseurs pour libérer des espaces autour de lui. Très actif en début de rencontre, il tente également sa chance, parfois dans des positions trop compliquées pour réellement inquiéter le gardien marseillais. Son influence diminue avant la pause, puis davantage en seconde période lorsque le Beşiktaş privilégie les attaques par les ailes. Même moins servi, il continue néanmoins d’apporter de l’impact et du liant dans le jeu offensif. Une prestation généreuse dans le travail collectif
OM
- De Lange (3,5) : titulaire habituel au poste depuis le départ de Rulli l’été dernier, le dernier rempart marseillais a signé une première intervention décisive en repoussant un centre à bout portant (14e). Vigilant sur sa ligne, il ne pouvait cependant rien sur la frappe croisée de Fakili, délaissé par la défense olympienne (16e). Peu inquiété par la suite, il sortait finalement le grand jeu juste avant la pause avec un arrêt XXL face à Kökçü (45+3e). Impuissant sur la frappe parfaite de Cerny (56e), il cédait encore sur la tête croisée de Murillo (60e) avant d’être sauvé par sa barre sur une frappe lumineuse de Kökçü (68e). Encore abandonné par sa défense, il allait encore chercher le ballon au fond des filets sur une frappe de Poku (81e).
- Garcia (3) : préféré à Emerson pour ce premier rendez-vous européen, le Suisse a plutôt bien contrôlé les incursions d’un Cerny pas vraiment inspiré. Sérieux sur le plan défensif pendant près d’une heure de jeu, il laissait finalement trop d’espace à son adversaire du soir, qui ne se faisait pas prier pour doucher les Phocéens (56e). Frustrant. Remplacé par Emerson (58e), qui a participé à cette première grosse gifle en Ligue Europa.
- Cornelius (2) : Aguerd remplaçant, c’est donc le Canadien de 28 ans qui officiait en charnière centrale. Malheureusement pour les supporters phocéens, le défenseur d’1m88 a rapidement montré ses limites, à l’image de sa sortie douteuse sur l’ouverture du score de Besiktas. Trop peu rassurant et globalement dépassé sur chacun de ses duels, il a failli. Une prestation cauchemardesque. Remplacé par Aguerd (67e), qui n’a pas empêché le naufrage.
- Egan-Riley (4) : présent dans l’axe de la défense phocéenne, l’Anglais de 23 ans a rapidement été sollicité, repoussant une première frappe dangereuse de Fakili (4e). Solide dans le duel, il a globalement rassuré ses partenaires en faisant preuve d’autorité, excepté sur le troisième but de Besiktas où il se faisait prendre dans les airs par Murillo (60e). Un match, malgré tout, cohérent dans l’ensemble.
- Weah (3) : capitaine de cet OM à la dérive, l’Américain n’a pas été le plus en vue en première période. Rapidement mis sous pression face à l’intenable Fakili, il n’a pas eu le loisir d’œuvrer offensivement, si ce n’est cette frappe lointaine bien trop imprécise (38e). En seconde période, il n’a pas vraiment relevé le niveau et se montrait trop tendre au départ de l’action menant au dernier but des Turcs.
- Höjbjerg (3) : dans un rôle de sentinelle, l’international danois n’a pas vraiment brillé au cours du premier acte. Peu impactant, il aura eu le mérite de ne pas commettre d’erreur individuelle et de bien marquer sa zone. Pour le reste, son niveau technique n’a pas été à la hauteur du joueur qu’il se réclame d’être. Encore très décevant.
- Abdelli (4) : aux côtés du numéro 23 marseillais, le milieu de terrain algérien a vécu un début de rencontre délicat. Bousculé par l’intensité adverse, coupable de quelques erreurs techniques et souvent à contretemps, il pensait obtenir un penalty après une ouverture de son compère de l’entrejeu mais l’arbitre ne bronchait pas. Encore trop brouillon, il se faisait malgré tout pardonner en délivrant un caviar pour Abdallah, auteur de l’égalisation (30e). Enfin dans son match, il a retrouvé une certaine justesse dans l’orientation du jeu et un impact non négligeable dans le combat.
- Harit (3) : aligné sur le côté gauche de l’attaque marseillaise - conséquence directe de la mise sur le banc d’Igor Paixao - le Marocain n’a pas hésité à dézoner sur le front de l’attaque. Auteur d’un bon début de saison, il a toutefois manqué de solution face à un bloc turc parfaitement en place. Absent des débats par séquence, il a trop peu pesé dans ce match, à l’image de sa seconde période où il n’a rien apporté. Averti pour un carton jaune après un coup de coude involontaire, il a raté son rendez-vous.
- Gomes (2,5) : titularisé dans un rôle de numéro 10, l’ancien joueur du LOSC a tenté d’apporter un certain dynamisme dans les derniers mètres. Réputé pour son habileté technique, il a cependant manqué de précision dans le dernier geste (20e, 34e) et s’est rendu coupable de certaines erreurs grossières dans la transmission. Des manquements qui ont empêché l’OM de prendre le dessus dans ce match et un (nouveau) match à oublier pour l’Olympien. Remplacé par Paixao (58e), trop peu en vue en fin de match.
- Abdallah (6,5) : belle surprise de ce début de saison des Phocéens malgré des résultats décevants, le jeune ailier marseillais a confirmé ses très belles dispositions à Istanbul. Auteur d’une première frappe enroulée dangereuse (13e), il tentait une nouvelle fois sa chance sans réussite (22e) avant d’être récompensé de ses efforts. Lancé par Abdelli, il ne tremblait pas pour relancer les siens d’une frappe précise au premier poteau (30e). À l’initiative de toutes les actions dangereuses, le crack de 20 ans n’a jamais hésité à dégainer (41e). Bluffant techniquement et loin d’être impressionné par l’événement, il a fait vivre un calvaire à Ouattara malgré un second acte moins reluisant.
- Maupay (6) : grosse surprise du onze aligné par Bruno Genesio, l’attaquant de 30 ans, préféré à Amine Gouiri, débutait à la pointe de l’attaque olympienne. Combattif et peu avare d’efforts, il n’a cependant jamais eu de réelle opportunité de se signaler. Intéressant dans ses décrochages et très mobile, il a également été précieux avec quelques déviations bien senties. Insuffisant toutefois pour sortir vainqueur de ce duel. Remplacé par Gouiri (67e), qui n’a pas eu l’occasion de redonner espoir à l’OM.
Nottingham Forest
Olympique Marseille
Besiktas JK
Columbus SC
Bruno Genesio
Emerson
Andre Gomes
Vlahovic
Murillo
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