Chaque jour, la liste s’allonge un peu plus. Alors que l’enchaînement des matches et les calendriers surchargés sont déjà pointés du doigt depuis des années, la ligne rouge semble être franchie en ce mois de septembre. C’est simple, chaque jour, un nouveau blessé est à noter lors des rencontres internationales. Hier encore, c’est Cody Gakpo qui a rejoint un contingent avec Kylian Mbappé, Kai Havertz, Amine Gouiri, Derek Cornelius, Jamal Musiala, Alexander Isak, Brian Brobbey ou encore Ibrahima Konaté. Mais pourquoi cette trêve de septembre est particulièrement propice aux blessures ? Plusieurs raisons peuvent être mises en cause.

Le contrecoup de la Coupe du Monde se fait ressentir
La première raison évidente de cette cascade de blessure est la Coupe du Monde. Etalée du 11 juin jusqu’à une finale disputée le 19 juillet au MetLife Stadium, la compétition n’a laissé qu’un répit dérisoire aux joueurs qui sont allés loin dans le tournoi. Les Mondialistes ayant atteint le dernier carré n’ont bénéficié que des trois semaines de vacances réglementaires avant d’effectuer leur retour en club au début du mois d’août. Les grands championnats européens (Ligue 1, Premier League, La Liga) ayant repris à la mi-août, certains cadres ont réintégré le groupe professionnel à peine quelques jours avant le coup d’envoi de la saison. Sans coupure suffisante et sans préparation estivale complète, plusieurs joueurs ont payé cash le contrecoup de la Coupe du Monde.
Propulsés dans une cadence à deux matchs par semaine, les joueurs ont abordé la première trêve internationale avec des organismes en surchauffe. «Effectivement, le lien est direct, nous confirme Farman Bhatti, kinésithérapeute en lien avec de nombreux sportifs et contacté par nos soins. Les joueurs n’ont eu que trois à quatre semaines de coupure après la Coupe du Monde 2026. Physiquement, c’est insuffisant pour régénérer les tissus et réparer les micro-lésions musculaires. Commencer la saison sans une véritable phase de préparation athlétique condamne le corps à compenser par des postures à risque. C’est un phénomène classique et malheureusement très fréquent après chaque grand événement international. Les joueurs arrivent usés et en plus sont en phase d’accélération du début de saison. La rupture de rythme peut être brutale.» C’est pourquoi de nombreuses blessures musculaires sont à déplorer depuis le début de la trêve internationale. Tant que les instances refuseront d’aménager de véritables fenêtres de repos après les tournois, l’enchaînement effréné des compétitions continuera de remplir les infirmeries des clubs européens.
Enchaînement des déplacements, surcharge mentale et tacles appuyés
Pour ne rien arranger à cette surcharge physique, l’accumulation des matchs génère aussi une fatigue mentale qui fait des ravages. Les trajets à répétition, le décalage horaire et la pression constante rongent la récupération des internationaux. Cette saturation est aggravée par les fenêtres internationales réaménagées cette saison à trois ou quatre rencontres consécutives, qui imposent un enchaînement de matches à haute intensité et de déplacements souvent lointains sur un laps de temps extrêmement resserré. Face à toute cette pression, il est logique de voir un nombre de blessures en constante hausse. Pour le reste, il y a aussi les accidents classiques. La blessure de Cody Gakpo face à la Serbie en offre une parfaite illustration. Ciblé par un tacle engagé de Sasa Lukic, l’attaquant néerlandais est resté la cheville coincée dans le duel avant de quitter le terrain sur blessure.
D’autres raisons sont avancées sur les réseaux sociaux. Ces derniers jours, une rumeur expliquait que l’hyperextension au genou subie par Mbappé face à la Turquie était due à son changement d’équipementier et son passage chez ON. Une information démentie par Farman Bhatti, contacté par nos soins : «le risque zéro n’existe pas lors d’une transition, mais c’est rarement la cause unique. Changer de chaussures et donc la rigidité de la semelle modifie légèrement la biomécanique et l’ancrage des crampons au sol. Cependant, Kylian Mbappé s’est fait une hyperextension sur une pelouse très dégradée en Turquie. Sa blessure est le résultat de plusieurs phénomènes : la fatigue accumulée, un terrain fuyant qui a bloqué son pied d’appui, et la violence cinétique de son propre geste.» Vous l’aurez compris, si on assiste à une cascade de blessures lors de cette trêve internationale, c’est pour tout un tas de raisons qui convergent vers le même coupable : l’enchaînement des matches.
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Gakpo
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