Vingt ans et quatre mois après, Zinédine Zidane retrouvait le Stade de France, cette fois-ci, dans la peau du sélectionneur des Bleus. Et quoi de plus symbolique qu’un match contre l’Italie pour fêter les retrouvailles avec le public français ? Pour ce troisième match de Ligue des Nations, le technicien âgé de 54 ans réalisait six changements par rapport au XI de départ contre la Belgique (0-1), lundi. Upamecano, Truffert, Cherki, Rabiot, Olise et Dembélé (capitaine) retrouvaient notamment une place de titulaire dans le 4-3-3 tricolore. En face, Roberto Mancini et l’Italie se présentaient sous le même schéma avec Moise Kean aux côtés des deux frères Esposito devant.

Dès les premières minutes de la rencontre, les Bleus ont donné le ton, avec un pressing haut pour étouffer les Italiens. Mais devant, les Français ont pêché dans la finition, bloqués en partie par le bloc très compact de l’arrière-garde italienne. C’est même la Squadra Azzurra qui s’est procuré la première occasion dangereuse du match, sur transition. Trouvé dans le dos de Truffert, Kayode centrait jusqu’au second poteau pour Moise Kean. Malgré le but quasiment grand ouvert, le joueur de Côme manquait l’immanquable et butait sur un Mike Maignan héroïque (9e). L’ancien attaquant du Paris Saint-Germain pensait ouvrir le score juste avant la mi-temps, à la suite d’un cafouillage, avant que sa réalisation soit annulée pour hors-jeu (42e). Malgré les huit tentatives de chaque côté, aucune des deux équipes n’avait réussi à prendre le dessus sur l’autre au tableau d’affichage. Au retour des vestiaires, la domination française s’accentuait et Gianluigi Donnarumma devait s’employer pour repousser les frappes de Doué et Dembélé (48e). Finalement, les efforts français étaient récompensés à la 55e minute de jeu.
Zidane accroché pour son retour au Stade de France
Après une faute adverse sur Rayan Cherki, la France obtenait un coup franc extrêmement bien placé à l’entrée de la surface. Sur une combinaison à deux, Cherki décalait le ballon pour Michael Olise, dont la frappe sublime du gauche allait taper la barre transversale avant de finir au fond des filets de Donnarumma (1-0). Après le but d’Olise, les Bleus continuaient de pousser pour faire le break, mais l’Italie finissait par revenir au score à la 68e minute. Lucas Da Cunha perdait le ballon sous la pression d’Alessandro Bastoni, qui récupérait le cuir avant de filer vers le but français et d’ajuster Mike Maignan pour remettre les deux équipes à égalité (1-1).
Quelques minutes plus tard, Adrien Rabiot tentait de redonner l’avantage aux siens d’une puissante frappe croisée du gauche à l’entrée de la surface, mais Gianluigi Donnarumma se couchait rapidement pour détourner le ballon en corner (71e). Les dernières minutes étaient ensuite marquées par l’expulsion de Dayot Upamecano. Déjà averti après un accrochage avec Moise Kean, le défenseur français écopait d’un second carton jaune à la 85e minute après avoir provoqué une faute sur l’attaquant italien. Réduits à dix, les Bleus devaient alors se contenter du partage des points pour le retour de Zinédine Zidane au Stade de France. Dernier rendez-vous pour les Bleus dans cette trêve internationale : lundi soir, toujours au Stade de France, contre la Belgique (20h45).
L’Homme du Match : Gianluigi Donnarumma (8) : sauvé par sa barre à la 22e minute sur un centre d’Olise qui se transforme en lob, il n’a qu’un seul arrêt à effectuer durant une première période relativement tranquille. Le scénario change totalement au retour des vestiaires : en seulement cinq minutes, il réalise trois interventions décisives pour maintenir l’Italie dans la rencontre alors que les Bleus accentuent leur pression. Il ne peut ensuite absolument rien sur l’ouverture du score d’Olise, dont le coup franc joué à deux termine sa course sous la barre. Encore sollicité par la suite, le portier italien multiplie les parades et termine avec sept arrêts sur les huit frappes cadrées françaises. L’homme du match : impérial en seconde période, il maintient quasiment à lui seul l’Italie en vie et lui permet finalement d’arracher le match nul.
France
- Maignan (6,5) : décisif à des moments clés de la rencontre, le portier des Bleus a sauvé les siens d’entrée grâce à une parade à bout portant face à Moise Kean (9e, 34e). Auteur de plusieurs interventions rassurantes, il est impuissant sur l’égalisation d’Alessandro Bastoni à bout portant (68e). Il s’interpose à nouveau en fin de match en claquant une tête lobée de Kean au-dessus de sa barre (81e) pour maintenir le score. Il n’a pas grand-chose à se reprocher dans ce match frustrant pour lui.
- Kalulu (5,5) : préféré dans le couloir droit de la défense à Jules Koundé, le Turinois a livré un premier acte contrasté. Très disponible offensivement, il a multiplié les montées pour apporter le surnombre (15e, 25e), mais son manque de précision sur ses centres a été frustrant. Défensivement, il a connu un début de match très compliqué et a été surpris au second poteau sur l’énorme occasion de Moise Kean (9e). Par la suite, il s’est rattrapé par de bonnes interventions collectives (17e, 33e).
- Jacquet (7) : reconduit en charnière centrale après son superbe match face à la Belgique, le joueur formé à Rennes a livré un premier acte sérieux et appliqué. Tentant plusieurs passes audacieuses dans sa relance, il a fait preuve de vigilance face aux assauts transalpins, s’offrant même une intervention décisive en déviant la frappe à ras de terre de Davide Frattesi (40e) pour éviter le pire aux Bleus. Il a été toujours juste en seconde période et a fait preuve de sang-froid même si les Italiens ont essayé de le faire sortir dans son match.
- Upamecano (4) : son carton rouge est venu ternir son bon match d’ensemble. Brillant par son jeu long vers ses attaquants (7e) et sur quelques bonnes interventions défensives devant Esposito (40e), son match a basculé en seconde période. Averti pour une altercation avec Moise Kean (74e), il commet une faute grossière sur le même attaquant dix minutes plus tard sur un long ballon, écopant d’un second carton jaune logique synonyme d’expulsion (85e). Un manque d’intelligence préoccupant pour un joueur de son expérience.
- Truffert (5,5) : sérieux et vigilant sur le plan défensif face aux tentatives de Michael Kayode (17e), le latéral gauche a proposé un volume de jeu intéressant en combinant bien avec Doué (33e). Il a également distillé plusieurs centres plutôt dangereux en seconde période (53e, 60e) pour amener du danger dans la surface italienne. Intéressant malgré quelques erreurs qu’il doit gommer pour vraiment progresser.
- Da Cunha (3) : après une belle première en Belgique, le milieu de Côme a été reconduit dans le milieu des Bleus. Et malheureusement, il n’a pas su confirmer les belles choses que l’on avait vues chez nos voisins belges. Peu entreprenant avec le ballon avec de nombreuses passes en retrait, il n’a pas été très précieux à la récupération en première période. Assez fantomatique malgré une justesse technique à noter, parfois malmené dans les duels, il a été fautif en seconde période. Trouvé dos au jeu aux abords de sa surface, Da Cunha a été pris dans le pressing italien et a perdu le ballon, ce qui a amené au but de Bastoni dans la foulée. Un match globalement raté. Remplacé par Lacroix (87e), entré en jeu pour remplacer Upamecano, exclu.
- Rabiot (5,5) : une prestation solide au milieu de terrain. Présent dans les duels (22e) et juste dans l’orientation du jeu, il est à l’origine de la grosse occasion de Désiré Doué d’une transmission bien ajustée (48e). Le milieu tricolore a bien failli redonner l’avantage aux Bleus sur une puissante frappe croisée du gauche, repoussée de justesse au sol par Gianluigi Donnarumma (71e). Il est impliqué sur l’égalisation italienne avec sa passe trop appuyée vers Da Cunha. Même s’il aurait pu prendre plus d’initiatives à la passe, ses appels tranchants ont créé de l’espace.
- Cherki (5) : titularisé dans le cœur du jeu, le milieu tricolore a été précieux par sa qualité technique. Même s’il a parfois manqué de créativité, il a été plein de bonne volonté dans ses efforts défensifs et a offert une subtile passe de l’extérieur du pied pour Ousmane Dembélé (27e). Actif au pressing et disponible dans les petits espaces (4e, 26e), c’est lui qui décale intelligemment Michael Olise sur un coup franc joué à deux pour l’ouverture du score (54e). C’est lui qui avait également provoqué ce penalty. On peut en attendre davantage d’un joueur aussi fort que lui. Remplacé par Camavinga (76e), qui a pris beaucoup d’initiatives intéressantes.
- Olise (7) : sur la ligne d’attaque, il a été le joueur le plus inspiré du côté français. Après plusieurs situations dangereuses (20e, 50e) et un centre dévié sur la barre (23e), il débloque la situation d’un coup franc magistral joué à deux avec Cherki, nettoyant la lucarne de Donnarumma via la barre transversale (55e). Également précieux dans la création (27e, 31e, 60e), il aura été l’élément offensif le plus percutant et le plus clinique du onze tricolore. Parfois gêné par la rigidité défensive des Italiens face à lui et presque contraint à l’exploit individuel par séquence, l’ancien de Crystal Palace a été esseulé pour offrir le succès à son équipe.
- Dembélé (3) : capitaine du soir, l’attaquant parisien s’est montré trop brouillon en première période. S’il a souvent cherché à faire la différence de manière individuelle, il a manqué de réussite dans le dernier geste, à l’image d’un contrôle manqué sur une offrande de Rayan Cherki (27e) ou d’une frappe contrée par Riccardo Calafiori dans la surface (38e). Sa plus grosse occasion intervient au retour des vestiaires. Sur un second ballon après une frappe de Désiré Doué, il se jette, mais bute à bout portant sur Gianluigi Donnarumma (48e). Généreux dans les efforts et peu inspiré sur ses frappes (64e), on se doit d’en attendre plus du Ballon d’Or en titre.
- Doué (4,5) : en première période, le pur produit rennais a été maladroit. Parfois impressionnant, mais malmené physiquement et victime d’un gros choc à l’épaule (36e), il a fait preuve de caractère en restant sur le terrain malgré la douleur. Bien plus incisif au retour des vestiaires, même s’il a pêché en étant trop individualiste, c’est lui qui se procure l’une des plus belles occasions françaises sur une frappe puissante du droit, détournée de justesse par Gianluigi Donnarumma (48e), avant de créer un nouveau décalage pour Truffert (53e). Il n’a pas su continuer sur la même lancée que son match face à la Belgique.
Italie
- Donnarumma (8) : voir ci-dessus.
- Kayode (6) : très offensif dans son couloir droit, il se signale dès la 8e minute par un dépassement de fonction et un centre dangereux pour Moise Kean, qui bute sur Maignan à bout portant. Fidèle à son profil aperçu à Brentford, il multiplie les montées et les allers-retours pour offrir une solution sur les rares séquences offensives italiennes, devenant même l’un des principaux relais de la construction sur son côté. Son énorme débauche d’énergie finit toutefois par se ressentir après la pause. Moins agressif sur le porteur et moins rigoureux dans son placement, il laisse davantage d’espaces aux Français, qui parviennent plus régulièrement à déborder dans son couloir. Il conserve malgré tout une vraie capacité à apporter offensivement.
- Scalvini (6) : très complémentaire avec Bastoni, il évolue plus en couverture lorsque son partenaire sort agresser le porteur. Positionné plus bas, il se montre particulièrement précieux dans la lecture des longs ballons et pour intervenir en dernier recours lorsque les Français parviennent à approcher de la surface. Avec le ballon, il endosse davantage un rôle de relanceur, cherchant à poser le jeu plutôt qu’à précipiter ses transmissions. Sa sérénité et sa justesse permettent ainsi à l’Italie de ressortir proprement depuis l’arrière malgré la pression française.
- Bastoni (7,5) : Il endosse le rôle du défenseur agressif, n’hésitant jamais à sortir très haut pour harceler le porteur et tenter de déclencher immédiatement les transitions italiennes. Une prise de risque pas toujours parfaitement maîtrisée, mais qui finit par faire basculer son match à la 68e minute : il anticipe une passe de Rabiot jusque dans la surface française, intercepte le ballon avant d’ouvrir parfaitement son pied pour égaliser. Il inscrit ainsi le premier but encaissé par l’équipe de France sous l’ère Zidane. Défensivement, il conserve cette même agressivité, multiplie les duels et cherche constamment à casser les séquences françaises avant qu’elles ne se développent. Il est d’ailleurs l’auteur d’un tacle salvateur dans le temps additionnel.
- Calafiori (6) : très solide défensivement dans son couloir gauche en première période, il laisse peu d’espaces et maîtrise bien ses duels. La reprise est nettement plus délicate face aux mouvements et aux combinaisons entre Cherki et Olise, qui commencent à le mettre davantage en difficulté. Moins frais physiquement, il manque de vivacité sur ses appuis et se fait plusieurs fois déborder dans les un-contre-un. Il parvient néanmoins à retrouver de l’intensité après l’égalisation italienne, profitant également de la baisse de régime française pour mieux verrouiller son côté. Plus prudent, il limite alors ses projections pour se concentrer sur son travail défensif.
- Tonali (5) : trop peu influent dans son rôle de sentinelle, il peine à imposer l’impact attendu devant sa défense et se retrouve régulièrement en retard sur les transmissions françaises dans l’entrejeu. Peu présent à la récupération, il multiplie les courses de replacement entre ses défenseurs centraux, mais abandonne trop souvent son joueur au marquage et ouvre ainsi des espaces au milieu. Avec le ballon, il ne parvient pas davantage à donner du rythme ni à orienter suffisamment le jeu italien. Son manque d’influence pousse finalement le sélectionneur à intervenir rapidement. Il est remplacé par Barella (61e), avec l’objectif d’apporter davantage d’intensité, de technique et de précision dans les transmissions.
- Frattesi (6) : dans un milieu italien qui peine à ressortir proprement le ballon et à bousculer l’entrejeu français, il est celui qui apporte le plus de mobilité et d’agressivité. Solide dans les duels et infatigable à la récupération, il ne lâche jamais son vis-à-vis et aurait même pu ouvrir le score à la 40e minute, mais sa frappe en opportuniste sur une touche longue passe juste à côté du poteau de Maignan. Moins influent au retour des vestiaires, il tente de porter davantage le ballon et de jouer vers l’avant, sans parvenir à trouver des espaces face au bloc français. L’égalisation italienne le réveille complètement : repositionné en sentinelle devant sa défense, il harcèle le porteur, multiplie les courses à haute intensité et dirige constamment le pressing de ses partenaires, quitte à les rappeler vivement à l’ordre. Il est remplacé par Doumbia (79e), pour apporter davantage de créativité et un profil plus box-to-box.
- Fagioli (4,5) : une soirée compliquée pour le milieu italien, dont l’action la plus marquante reste son carton jaune après avoir stoppé Rayan Cherki qui partait vers le but. Une faute lourde de conséquences puisque le coup franc qui suit permet aux Bleus d’ouvrir le score. Pour le reste, il affiche trop peu d’influence pour un joueur de sa qualité, se débarrassant souvent trop rapidement du ballon et manquant de justesse lorsqu’il tente de jouer vers l’avant. Ses passes comme ses prises de risque balle au pied sont régulièrement coupées par les Français, tandis qu’il souffre également dans l’impact avec seulement trois duels remportés sur douze (25 %).
- Kean (7) : dangereux dès la 8e minute, il est trouvé à bout portant dans les 5,50 mètres, mais bute sur un Maignan parfaitement placé sur sa ligne. Il pense ensuite ouvrir le score en renard des surfaces à la 41e, avant de voir son but logiquement refusé pour hors-jeu. Trop souvent isolé à la pointe d’un bloc italien coupé en deux, il doit se contenter de rares situations et manque parfois de précision pour les convertir. Il se procure pourtant une nouvelle grosse occasion à la 80e minute sur un centre, mais Maignan détourne sa tentative d’une belle claquette sous la barre. Enfin capable de prendre le dessus sur Upamecano dans un duel à la 85e, il provoque le deuxième carton jaune du défenseur français et laisse les Bleus à dix. Un match frustrant.
- S. Esposito (6) : généreux dans l’effort, il affiche la même disponibilité lorsqu’il évolue sur l’aile droite en première période puis à gauche après la pause. Malgré un nombre limité de ballons touchés, il multiplie les courses et tente constamment de créer des décalages face à une défense française bien organisée. Il parvient par séquences à trouver son attaquant de pointe dans de bonnes situations, sans que celui-ci ne réussisse à les convertir. Son activité ne faiblit pas, mais il lui manque une véritable influence dans les derniers mètres pour faire davantage de différences. Il est remplacé par Maldini (79e).
- P. Esposito (5) : clairement l’Italien le moins en vue, il souffre du faible nombre d’occasions créées par son équipe et doit surtout servir de point d’appui sur les rares longs ballons italiens. Généreux sans ballon, il tente d’imposer un pressing qui manque souvent de soutien, mais ne parvient jamais à se libérer du marquage d’Upamecano, constamment sur ses talons. Il traverse ainsi la rencontre sans véritable occasion à exploiter et avec très peu d’influence dans les derniers mètres. Il est remplacé par Vergara (61e), appelé à apporter davantage de technique et d’explosivité dans les un-contre-un. Le changement porte rapidement ses fruits puisque l’action précédant l’égalisation italienne naît d’une accélération individuelle de Vergara qui vient enfin déstabiliser la défense française.
Arsenal
Manchester United
Manchester City
Bayern Munich
Milan
Internazionale
Como
Zidane
Maignan
Rabiot
Donnarumma
Upamecano
Bastoni
Kean
Cherki
Matheus Cunha
Calafiori
Olise
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